XXVII. Universelle
La contrition doit être universelle. Le regret qu'elle inspire, le ferme propos qu'elle fait concevoir, doit s'étendre à tous les péchés sans exception, au moins à tous les péchés mortels.
Il faut , comme David avoir en horreur, non pas une, mais toutes les voies d'iniquité (1). Ce seroit une idée , non seulement fausse , mais ridicule , de prétendre devenir l'ami de Dieu , et de vouloir en même temps rester son ennemi. On ne déteste pas le péché comme une offense faite à Dieu ; si on ne déteste pas toutes les offenses qui lui ont été faites. Un seul péché
(i) Omnem viam iniquitatîs odio haboi. Ps. cxvm. 18.
mortel commis fait sortir de l'état de grâce; c'est une conséquence nécessaire, qu'un seul péché mortel retenu empêche d'y rentrer.
C'est par cette raison qu'il est écrit , et c'est en ce sens que nous devons entendre que celui qui , ayant observé d'ailleurs toute la loi , l'offense en un seul point , se rend coupable envers toute la loi (1). Nous disons que la contrition doit s'étendre au moins à tous les péchés mortels. Il n'est pas absolument nécessaire, mais il est souverainement désirable , qu'elle comprenne aussi tous les péchés véniels. Elle n'est pas bien vive la contrition qui ne regrette que les crimes les plus graves , et qui ne compte pour rien les offenses plus légères. La résolution de ne s'abstenir que des uns , en se permettant tous les autres, ne peut pas être agréable à Dieu. Rendriez-vous une grande amitié à celui qui , se bornant à ne plus vous faire de «anglans outrages, se réserveroit de vous nuire sur des points moins importans.