‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienne (volume 2)Chapitre 3 sur 157 · IV. Institution du sacrement · texte numérisé non relu

IV. Institution du sacrement

Mais si là vertu de pénitence est toujours Irestée nécessaire, elle n'est plus suffisante pour la rémission , au moins , des offenses graves qui portent la mort dans Pâme. C'est une vérité de foi enseignée par l'Eglise catholique , et définie par son dernier concile général, que Jésus-Christ à fait de la pénitence un des sacremens de sa religion (i). Nous y reconnoissons tous les caractères qui constituent nos sacremens; l'institution du divin Maître, dans le pouvoir donné par lui à ses ministres , de remettre les péchés; le signe sensible, dans les actes du pénitent; la perpétuité du rit, dans la pratique originaire, et jamais interrompue de l'Eglise; la collation de la grâce, dans la justification du pécheur. Admirable bonté !

bienfait inestimable du divin Rédempteur !

Cette puissance suprême , dans le ciel et sur la terre, qu'il a reçue de son Père (2) , ce jugement général de tous les humains qui lui a été

(1) Si quis dixcrit in catholicâ ÉcclesiA pœnitentiam non esse vcrè et propriè sacramentum , pro fidclibus, quotics post baptismum in peccata labuntur, ipsi Dco rcconciliandis à Chris to Domino nos tro institutum, anathcma sit. Conc. Trid. de sacrant, pœnit. can. i .

(2) Data est mihi omnis po testas in coelo cl in terra. Matth. xxvi 11. 18.

8 SUR LA VkniTESCE.

confié (1) ; il daigne le partager avec ses ministres. Se réservant seulement le jugement de justice qu'il exercera un jour sur nous dans te ciel , il a laissé, sur la terre , entre les mains de ses apôtres et de leurs successeurs , le jugement de Miséricorde, pour lequel spécialement il y étoit descendu. Il les à revêtus de ce pouvoir immense de remettre les péchés , que les Juifs refusoient de reconnoitre en lui, parce qu'ils jugeoient qu'il n'y avoit que Dieu en personne qui pût l'exercer (a). Il a voulu dans son infinie bonté que les malheur reux , égarés dans les routes de ta perdition * trouvassent , dans le ministère par lequel il se faisoit remplacer, des guides qui les ramenassent aux voies du salut, et qui les y conduisissent. Il a établi juges des foiblesses humaines , des hommes sujets aux mêmes foiblesses , que le sentiment de leur propre fragilité iûclineroit

a l'indulgence. [ S. .

Page 1