III. Raisons générales de ne pas différer la conversion
C'est un principe général , et appliquable à toutes les affaires du monde, de ne pas remettre à d'autres temps ce que l'on peut faire dans le temps présent ; parce que les difficultés , qui n'existent pas encore, peuvent survenir, et que l'on rend incertain par le délai ce qu'on est le
(i) Etexcœcavit illos malitia eorum. Sap, u. 21.
maître d'assurer par une exécution actuelle. N'y auroit-il donc que l'affaire du salut qui fût exceptée de cette règle. Seroit-elle la seule qu'on eût tellement en son pouvoir , qu'on fût toujours sûr de la faire quand on voudroit? Seroitelle la seule sur laquelle on n'auroit pas à craindre qu'il s'élevât par la suite des obstacles ? Ils ne peuvent pas le croire ceux qui reculent, d'un temps à l'autre, la pénitence qu'ils pourroient faire actuellement ; et ils doivent sentir au con-* traire que, de toutes les affaires , il n'y en a aucune que le retardement rende plus incertaine. Deux considérations achèveront de les en convaincre : c'est qu'ils ne sont assurés ni du temps sur lequel ils comptent, ni de leur volonté sur laquelle ils se reposent. Ils ne sont sûrs ni de pouvoir , ni de vouloir se convertir dans la suite.
Si vous demandez à ces hommes , qui forment des projets de pénitence, à quelle époque ils la fixent , ils ne vous répondront pas uniformément. Les uns vous diront que le moment de la mort est celui oit la conversion paroit le' plus facile; les autres, que la saison de la vie la plus favorable pour revenir à Dieu est celle où l'âge aura ralenti la fougue de la jeunesse*