‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienne (volume 2)Chapitre 6 sur 157 · VII. La clémence divine , motif de pénitence · texte numérisé non relu

VII. La clémence divine , motif de pénitence

Et cette bonté infinie que nous éprouvons , lors même que nous la méritons le moins , ne doit-elle pas être un motif pressant de retourner à elle. Tandis que j'offense le Seigneur , que je redouble , que je multiplie contre lui mes outrages , au lieu de me punir, il n'est occupé qu'à me faire grâce («). Sa patience h nous

(i) Adeamus igitur cum fiduciâ ad thronnm gratia?, ut misericordiam consequamur, ut gratiam inveniamus in auxilio opportun o. Hebr. iv. 16.

(a) Ipse au te m et misericors, et propitiusfictpcccatis eorum, et non disperdet eos : et abundavît ut avcrtcrct îram suam, et non ascendit omnem iram suam. Pê. ixxvn. 18.

Miserator et misericors Dominus, longanimis et multùm misericors. Non in perpetuum irascetur, neque in aeternum comminabitur. Non secundùm peccata nostra fecit nobis r neque secundùm iniquitates nostras retribuit nobis. Quantum distat ortus ab occidente, longé fecit à nobis iniquitates nostras. Quomodè miseretur pater filiorum, misertus est Dominus timentibus se. Ps* en. 8 etseq.

Mi&crcris omnium, quia omnia potes, et dissimulas peccata hominum propter pœnitentiam. Diligis enim omnia qu*

SUR LA PÉNITENCE. l5

attendre, nous est un garant de son Indulgence à nous pardonner. Puisqu'il diffère de se venger, il veut être fléchi : en nous accordant le temps du repentir, il nous exhorte par cela seul à en profiter ( i ). Mais ce n'est pas encore assez pour cette miséricorde ineffable de nous attendre : à mesure que nous nous éloignons, elle nous rappelle; à mesure que nous l'évitons, elle nous recherche; à mesure que pous la fuyons , elle nous poursuit. Tandis que nos offenses, élevées jusqu'à son trône, provoquent sa colère, c'est sa bonté qui y répond par les grâces qu'elle ne cesse de verser sur nous. Le père de famille se jetant au cou de l'enfant prodigue, le bon pasteur courant dans le désert après la brebis égarée , et la rapportant sur ses épaules , foihles emblèmes , quoiqu'ils nous soient donnés par Jésus-Christ , de sa clémence envers les pécheurs. C'est qu'aucune expression humaine ne peut répondre à l'idée de la miséricorde divine (2). Serions-nous assez insensés

suirt, et nihil odisti liorum quae fecisti Parcis auten omnibus, quia tua sunt, Domine, qui amas animas. Sap. xr. *4 , a5, 27. Et alibi passim.

(1) Quia patiens est Deus, in hoc ipso pœniteamus, et indulgenliam ejus , fusis lacrymis , postulemus. Judith.

(2) Quis, Deus, similis tibi, qui aufers intquitatem, et transis peccatum reliquiarum hxreditatis tua?? Non immittet ultra furoremsuum, quoniam volens misericordiam est. Rc- ▼ertetur, et mîsererebitur nostri : deponet iniquitates nostras:

pour la mëconnoi tre ; assez ingrats pour n'en être pas touchés; assez durs pour ne pas nous reûdre à ses touchantes invitations; assez ennemis de nous-mêmes pour continuer de là braver y et pour amasser par notre impénitence, au lieu du trésor de grâce qui nous est offert , un trésor de colère pour le terrible jour du jugement (1).

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