XXIV. Le délai de pénitence conduit à l'endurcissement
Malheur, a dit le Seigneur, malheur à eux, lorsque je me serai retiré d'eux (1). A chaque nouveau péché, le soleil de justice se retire, et s'éloigne davantage de l'âme coupable : et elle se congèle , et s'endurcit de plus en plus , jusqu'à ce qu'enfin elle arrive à l'affreux état de N l'endurcissement total. Le Seigneur, c'est le grand apôtre qui nous l'enseigne, endurcit qui lui plaît (2). Cette expression vous étonne peut-être. Dieu , la bonté essentielle , la miséricorde infinie , endurcit lui-même sa créature chérie, sa créature qu'il aime, jusqu'à avoir versé son sang pour elle ! Ces vérités se concilient parfaitement. L'endurcissement volontaire subit un châtiment naturel : c'est l'endurcissement pénal. L'homme, dans l'ivresse de sa passion, a long-temps résisté aux^vertissemens, aux invitations, aux exhortations, aux instances de son Dieu. Dieu le punit de sa persévérante obstination , en l'y abandonnant : et , par un juste jugement, il lui fait une punition de ce qui a été son crime.
Pharaon la subit cette terrible punition. Il s'étoit roidi contre les premiers miracles de
(1) Vœ eis cùm recessero ab eis. Osée, ix. 12. (a)Quem vult in durât. Rom. îx. 18.
DE LA P£MTËNC£. 169
Moïse : Dîea l'endurci l contre les derniers (1). Il le livra à son aveuglement volontaire; et d'erreurs en erreurs, de crimes en crimes, de fléaux en fléaux, il le conduisit jusqu'à l'abîme où il l'engloutit.