IX. L'avarice est insatiable
La passion de l'intérêt pourvoit aux besoins de toutes les autres. Mais les besoins des passions ne sont autre chose que leurs désirs, lesquels sont illimités, et par leur nature, et par celle de l'imagination qui les enfante. Il résulte de là nécessairement que l'intérêt ne connaît point de bornes qui l'arrêtent (1;. Tout autre vice a des temps et des occasions particulières pour s'exercer : hors de là il laisse à l'homme quelque repos, quelque liberté. Le détracteur ne médit pas toujours. Le menteur ne dit pas sans cesse des faussetés. L'oisif a des moments d'occupations ; le colérique a des jours de tranquillité. Mais l'intérêt est le vice de tous les moments. Il n'accorde aucun relâche à celui qu'il possède ; et le seul délasse -
(i) Avaras non implebitur pecania. Eccl. 5; 9. Insatiabilis ociifus cupidi. Eccli. i4i 9«