‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 112 sur 281 · II. Consid. sur la Mor. Chrét. . y · texte numérisé non relu

II. Consid. sur la Mor. Chrét. . y

194 SUR l'avarice.

ment que connaisse l'avare d'un bien acquis, et de courir aussitôt après un autre. Les autres passions s'éteignent, ou au moins s'attiédissent pour un temps par la jouissance. La haine se calme par la vengeance, l'amour par la distance, la gourmandise par la nourriture, l'aml3ition par les dignités , la vanité par les hommages, le libertinage par le plaisir. Mais l'amour de l'argent augmente à mesure qu'on en obtient. Loin que les acquisitions de l'avare éteignent sa soif d'acquérir, elles l'augmentent encore. L'or qu'il boit à longs traits et qu'il savoure, gonfle sans cesse son hydropisie. Le Sage le compare à l'enfer qui, plus il se remplit, plus il s'efforce de se remplir (1). Les autres passions ont des objets sujets au changement. Une maladie réprime le libertinage : une honte imprimée souille la vaine gloire : une disgrâce dégoûte de l'ambition : un dérangement de santé guérit de la gourmandise. Mais l'or reste toujours le même : il ne vieiUit pas non plus que l'ardeur qu'il

mspue.

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