‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 123 sur 281 · IV. La délraction condamnée par l'Ecriture sainte · texte numérisé non relu

IV. La délraction condamnée par l'Ecriture sainte

Il faudrait ignorer profondément la loi de Dieu pour

douter qu'elle condamne la détraction. Il y a peu de péchés plus positivement interdits , peu de vices plus fréquemment proscrits dans les livres saints. Quel est l'homme, dit le roi prophète, qui chérit la vie , qui désire voir les jours heureux? Garantis ta langue du mal , et que de tes lèvres il ne sorte point de paroles méchantes (1). Le Sage ordonne de se préserver de la dé traction ; et il déclare que les paroles de ce genre ne seront point proférées en vain (2). Saint Paul comprend ce péché parmi les crimes les plus énormes , qui excluent du royaume des cieux (3). Et l'apôtre saint Jacques , défendant les détractions mutuelles , ajoute que celui qui juge son frère , ou nuit à sa réputation , juge la loi ellemême, et lui fait tort (4). Il serait trop long de parcourir tous les textes sacrés qui condamnent ce vice, et en annoncent la punition.

"V. Et par la raison.

Mais pour sentir combien il est odieux en lui-même, et funeste dans ses effets , il n'est pas nécessaire d'être chrétien. Ce que l'Esprit saint nous révèle dans ses livres sacrés , il l'avait gravé dans nos cœurs. Principes religieux , maximes raisonnables , tout est d'accord sur un point si évident. Hélas I et combien de chrétiens pourraient sur ce sujet recevoir des païens d'utiles le-

(i) Qais est homo qai vult vitam , diligit dies videre bonos? Prohibe lingciain taain a malo, et labia tua ne loquantur dolum. Psalm. 33; i3, 14.

(2) A detractione parcite linguae: quoniaiu serino obscurus in vacaum non ibit. Sap. i ; 1 1.

(3) Nolite errare : neque fornicarii, neque idolis servientes, neque adulteri , neque inoiles, neque masculorum concubitores , neque fuies, neque avari , neque raaledici , neque rapaces regnum Dei po.ssidebiint. i Cor. 6; 9, lo.

(4) Nolite detrahere alterutrura, fraties. Qui detrahit frafri, aut qui judicat fratrem suum , detrahit legi , et judicat legem. Jac. 4; ' f

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