‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 136 sur 281 · XVII. Obligation de l'éparer · texte numérisé non relu

XVII. Obligation de l'éparer

Le péché de détraction est d'autant plus funeste à son auteur , que , selon la parole du Sage , il lui impose de graves obUgations (2) ; obligations, non-seulement de religion , mais de droit naturel. Tout péché m'inspire une vive douleur. Mais les péchés qui nuisent au prochain sont ceux qui me saisissent de la plus grande frayeur. La pénitence , quelque sincère , quelque douloureuse , quelque rigoureuse qu'elle soit , ne suffit pas pour les effacer y ou plutôt il ne peut pas y avoir de pénitence sans une équitable et entière réparation. Le tort fait à nos frères nous a rendus comptables, non-seulement à Dieu , mais à eux. Les droits de la justice divine , et leurs intérêts sont inséparablement unis. Dieu n'est satisfait que lorsqu'ils sont

(i) Ignem veni rnittere in terram; et quid volo nisi nt accendatur? Luc. 12 ; 49.

(2) Qui detraliit alicui rei, ipse se in fulurum obligat. Prov. iS; i3.

dédommagés. Le détracteur convient sans peine qu'un voleur est strictement tenu à restituer tout le bien usurpé. Mais lui , qui a privé son prochain d'un bien infiniment plus précieux , sur quel fondement peut-il s'exempter de le rendre ? La loi même d'équité naturelle est également précise sur l'un et sur l'autre point. La loi divine est plus claire encore , et plus expresse. Sans la juste réparation du tort qu'il a fait au prochain, soit dans sa fortune , soit dans son honneur , le pécheur est exclus du salut , repoussé du tribunal de réconciliation.

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