‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 172 sur 281 · XX. L'oisiveté contagiense par 1 exemple · texte numérisé non relu

XX. L'oisiveté contagiense par 1 exemple

Et n'imaginez pas avoir à rendre compte seulement des péchés où votre oisiveté vous aura fait tomber: vous devenez également responsable de ceux qu'elle aura fait commettre aux autres. Car ce vice funeste est encore souvent accompagné de scandale.

Yous, maître de maison, vous vous plaignez des vices de vos domestiques. C'est à vous qu'ils les doivent. C'est l'exemple de votre éternelle inoccupation qui les a rendus fainéants. C'est à votre suite, c'est en attendant au milieu de sociétés corrompues, pendant des journées, et souvent pendant des nuits entières , la fin de vos spectacles, de vos fêtes, de vos jeux, de vos débauches qu'ils ont appris les mauvais propos, les querelles, l'ivrognerie, le libertinage, l'infidélité.

Yous, père de famille, tandis que vous tenez votre fils encore enfant assujetti à un travail suivi, vous lui offrez en même temps le spectacle de votre éternel désœuvrement, de votre vie entièrement livrée aux plaisirs, de divertissements qui ne cessent que pour être aussitôt remplacés par d'autres. Quelle idée cette conduite peut-elle lui inspirer, sinon celle de vous imiter un jour? Quel autre désir lui fait-elle concevoir, que celui d'arriver à l'âge où, libre du joug des maîtres qui le gênent, débarrassé des études qui l'importunent, il pourra, comme

SUR l'oisiveté. 305

vous, s'abandonner avec toute l'immodération de son âge aux divertissements et aux plaisirs.

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