‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 194 sur 281 · I. Le sentiment utile de la honte s'est corrompu · texte numérisé non relu

I. Le sentiment utile de la honte s'est corrompu

Un des sentiments les plus naturels à l'homme, est celui de la honte. Notre bienfaisant auteur l'a placé dans

(i) Qui timet Deum nihil negligit. Eccli. 7; 16.

(2) Filimi, noli negligere disciplinam Domini. Hebr. 12; 5.

(3) Deponere vos, secundum pristinam conversationem, veterem hominem, qui corrumpitur secundura desideria erroris. Renovamini antem spiritu mentis vestrae; et induite novnra hominem, qui secundura Deum creatus est in justitia , et sanctitate verilatis. Ephes. 4 ; 22, 23, 24.

nos cœurs j pour y être un premier repoussoii' du péché. Cette pudeur innée du crime , non-seulement le réprime, mais le prévient. Elle arrête son progrès et s'oppose même à sa naissance. Elle est à notre âme , ce qu'est aux fleurs destinées à produire du fruit , l'abri dont les couvre un prudent cultivateur. Elle conserve intacte la fleur de l'innocence , et l'empêche de se flétrir. De même que la honte est le premier soutien de la vertu , de même la perte de toute honte est le dernier degré du vice. Mais , hélas ! l'homme une fois corrrompu , a corrompu tout ce qu'il possédait. Les dons les plus précieux du Créateur se sont infectés dans ses mains empestées : et il a eu l'art détestable de faire servir à la perdition jusqu'aux moyens de salut , qui lui avaient été accordés. Ainsi s'est perverti dans lui le salutaire sentiment de la honte. Que les impies rougissent (1) : cela est naturel, juste , utile. Mais c'est du bien qu'on s'est mis à rougir. C'est de se montrer vertueux qu'on a eu peur. Comment donc a pu s'opérer une si criminelle , si déplorable , si absurde interversion d'idées?

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