II. Par le désir de plaire au monde
Placés au milieu du monde , en étant de toutes parts environnés, y tenant par une multitude de liens, nous sommes naturellement portés à recevoir des autres les principes de nos opinions , comme les modèles de nos actions. Si le monde était vertueux , cette facilité à recevoir les impressions étrangères seraient d'un grand avantage , et nous applanirait la route de la vertu. Mais , au milieu du christianisme , il existe un monde , qui , loin d'être chrétien , ne permet pas même de l'être. Et cependant c'est souvent dans ce monde corrompu , que sont nos plus intimes liaisons. C'est ce monde que nous aimons : c'est ce monde dont nous désirons l'appro-
(i) Erubescant impii. Ps. 3o; r8.
bation , dont nous craignons la censure ) et, pour obtenir l'une, pour éviter l'autre , nous nous mettons à penser comme lui , à sentir comme lui , à parler comme lui , à agir comme lui.