XVI. On n'a de respect hnmain que contre Dien
Ce qui rend plus offensante encore , pour Dieu , cette déplorable faiblesse , c'est qu'on n'en est susceptible que contre lui. S'agit-il de faire le mal? On n'est pas arrêté par les jugements du monde. On ne le craint que lorsqu'il est question de faire le bien. Représentez à cet ambitieux que ses intrigues sourdes percent le monde , et le perdent de réputation : dites à cet agent de l'autorité que ses vexations et ses déprédations , maintenant connues , lui attirent l'exécration de toute la province : annoncez à cette femme mondaine que la liaison criminelle qu'elle s'efforçait de cacher la rend l'objet des railleries universelles : faites savoir à cet homme de finance , que ses fraudes , ses monopoles , ses usures , deviennent publiques , et le dévouent au mépris et à l'indignation générale. Que vous répondront-ils ? Ce que vous avez cent fois entendu , et que peut-être vous-même , dans des
circonstances semblables , avez répété : que ce sont de vains propos ; qu'il est impossible d'empêcher le public de parler ; que , si on voulait s'embarrasser de toutes les calomnies qui se débitent , il serait impossible de rien faire. Ainsi , pour vous attirer et pour vous retenir dans ses liens, le démon emploie, avec une perfide et trop heureuse adresse, les moyens contradictoires. Pour vous éloigner de Dieu , il vous inspire une audace effrontée : pour vous empêcher de revenir à lui , il vous suggère une faiblesse pusillanime. Ainsi , ô Dieu à qui devraient se rapporter tous les hommages î ce n'est que pour vous offenser , qu'on est plein de courage : on est saisi de terreur , quand il s'agit de vous servir