XXIV. Elle doit i. être intérieure
La contrition doit être intérieure. Dire qu'on se repent n'est pas se repentir : c'est un abus d'autant plus funeste qu'il est plus commun , de se croire délivré de ses péchés , parce que , sur un acte de contrition qu'on a répété d'après un livre , on a surpris l'absolution d'un confesseur peu éclairé ou trompé. Nous ne blâmons pas' cependant ces formules que l'on trouve dans les ouvrages de piété. Elles peuvent servir à donner l'idée de la vraie contrition , à en inspirer le sentiment , à en exciter l'ardeur. Mais , si elles ne produisent pas cet effet , elles sont inutiles, elles peuvent mêi^ie devenir dangereuses, en inspirant une fausse sécurité. La pénitence ne réside pas sur les lèvres , elle ne consiste pas dans des paroles
mensongères : tout homme qui dit : Seigneur, Seigneur, n'entrera pas pour cela dans le royaume des cieux (1). Si ses vœux ne sont pas l'expression de son cœur , ils seront rejetés. Il sera de ce peuple hypocrite qui honore Dieu des lèvres , mais dont le cœur est loin de lui (2). Et jugez-en par vous-mêmes : rendriez-vous votre amitié sur des excuses dont vous connaîtriez la fausseté? Ce fut le cœur qui se rendit coupable ; c'est le cœur qui doit devenir pénitent (3). La volonté s'est éloignée de Dieu ; il faut que la volonté retourne à lui (4). Ame languissante dans le péché , applique le remède à ton mal. Tu trouvas dans le crime une douceur défendue ; tu ne t'en guériras que par l'amertume de tes regrets. Change tes criminels plaisirs en une douleur sincère de les avoir recherchés (5). C'est le seul moyen de les effacer.