‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 217 sur 281 · III. Ni inèrae nn péché grave en soi · texte numérisé non relu

III. Ni inèrae nn péché grave en soi

Quoi donc I un péché léger peut se trouver un péthé grave par le scandale qui l'accompagne. Oui sans doute, il ne Tétait pas par sa nature ; il l'est devenu par ses conséquences. Un mot imprudent que vous avez lâché par légèreté, qui vous est échappé dans la vivacité, sera peut-être le principe de grandes prévarications. Il aura autorisé une vengeance et tous les crimes qui la suivent ; il aura accrédité une médisance ou une calomnie, qui, circulant de bouche en bouche, portera la division et le trouble dans la société. Il aura porté dans un cœur innocent des sentiments qu'il aurait dû ignorer, des passions que sans vous il n'aurait pas connues. Le péché qui scandahse joint à sa propre malignité celle de tous les péchés qu'il fait commettre ; et selon la doctrine de saint Cyprien , la faute de l'homme qui donne le scandale, les fautes des hommes qui l'ont reçu, composent un seul corps de péché. Ne vous rassurez donc pas à ce sujet sur ce que votre conscience ne vous reproche point de fautes mortelles. Vous n'avez pas attaqué la foi dans vos discours ; mais des discours peu mesurés sur la religion n'ont-ils pas pu ébranler la foi dans quelques esprits, y faire naître des doutes, y jeter ces semences d'incréduhté, qui ensuite y ont germé, s'y sont développées, ont produit des fruits amers ? Vous n'avez pas persécuté les personnes pieuses. Ne vous êtes -vous jamais permis sur elles des plaisanteries, qui ont pu être le premier principe des contradictions qu'elles ont éprouvées ? Vous n'avez pas condamné la piété. Etes-vous bien sûr qu'en traitant d'excès certaines pratiques religieuses, de bigoteries certaines autres, vous n'avez pas porté atteinte à la piété elle-même dans quelques âmes ? Vous vous êtes bien gardée de paraître vêtue immodestement; mais votre attention à votre parure , votre négligence affectée elle-même n'a-t-elle pas pu devenir un piège tendu à l'innocence ? Vous auriez eu horreur de la calomnie,

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même de la médisance ouverte. Y avez-vous toujours donné l'improbation que vous deviez ? Ne l'avez-vous pas accréditée, fortifiée, augmentée, soit par votre silence, soit peut-être par un sourire d'approbation ? Que ce soit par des péchés mortels, ou véniels, que vous avez entraîné votre frère dans la perdition, vous ne l'en avez pas moins perdu. De quelque arme qu'on se serve pour faire mourir un homme, on est toujours son meurtrier.

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