VIII. Principes sur les bonnes œuvres de surérogalion
Les bonnes œuvres de surérogation, dont il est à craindre que le prochain ne se formalise mal à propos, présentent dans la pratique quelque difficulté ; parce qu'elles offrent , d'un côté un bien, de l'autre un mal; le bien de l'action , le mal du scandale. Si je fais l'action , j'acquiers un mérite; mais c'est aux dépens de l'âme de mon frère : si je l'omets , je procure à mon frère un avantage; mais c'est à mon détriment. La règle générale à suivre , dans cette circonstance , est celle que nous donnent avec une grande sagesse deux célèbres docteurs de l'Eglise , saint Basile et saint Chrysotôme. C'est de balancer le bien et le mal que doit opérer l'action faite ou omise. Produira-t-elle un plus grand bien que ne serait le mal résultant du scandale ? Dans ce cas , il ne faut pets y manquer. Le mal du scandale excédera-t-il le bien de l'action? Dans cet autre cas , il faut s'en abstenir. Ne vous privez pas d'un grand bien parce que , sans votre participation , et mal à propos , il en résultera un petit mal pour le prochain. Gardez- vous d'être l'occasion d'un grand mal pour le prochain , dans la vue de vous procurer un petit bien.
sua LE SCANDALE. 385