‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 25 sur 281 · XXVII. 4. Universelle · texte numérisé non relu

XXVII. 4. Universelle

La contrition doit être universelle. Le regret qu'elle inspire, le ferme propos qu'elle fait concevoir, doit s'étendre à tous les péchés sans exception , au moins à toiis les péchés mortels. Il faut, comme David, avoir en horreur, non pas une, mais toutes les voies d'iniquité (1). Ce serait une idée, non-seulement fausse, mais ridicule , de prétendre devenir l'ami de Dieu , et de vouloir en même temps rester son ennemi. On ne déteste pas le péché comme une offense faite à Dieu , si on ne déteste pas toutes les offenses qui lui ont été faites. Un seul péché mortel commis fait sortir de l'état de grâce; c'est une conséquence nécessaire, qu'un seul péché mortel retenu empêche d'y rentrer. C'est par cette raison qu'il est écrit , et c'est en ce sens que nous devons entendre que celui qui , ayant observé d'ailleurs toute la loi , l'offense en un seul point , se rend coupable envers toute la loi (2). Nous disons que la contrition doit s'étendre au moins à tous les péchés mortels. Il n'est pas

(i) Omnem viam iniquitatis odio habai. Ps. 1 18 ; i8. (2) Quicumque totam legem servaverit , offendat aotem in nno factus est omnium reus. Jac. 2 ; to.

absolument nécessaire , mais il est souverainement désirable , qu'elle comprenne aussi tous les péchés véniels. Elle n'est pas bien vive la contrition qui ne regrette que les crimes les plus graves , et qui ne compte pour rien les offenses plus légères. La résolution de ne s'abstenir que des uns , en se permettant tous les autres , ne peut pas être agréable à Dieu. Rendriez-vous une grande amitié à celui qui , se bornant à ne plus vous faire de sanglants outrages , se réserverait de vous nuire sur des points moins importants ?

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