XX.XIV. Devoirs des parent»- sur le choix de l'état
En terminant le cours de ses premières études , le jeune homme formé par les exhortations paternelles, instruit par les leçons de ses maîtres , mûri par ses propres réflexions, est arrivé au moment de décider sur l'état qu'il embrassera. Ce n'est pas seulement à lui, c'est aussi à ses parents, que ce choix impose des obligations importantes et délicates. Eclairer son enfant , sans le déterminer , le diriger sans le contraindre , en lui laissant toute sa liberté , lui en faire faire un bon usage ; maintenir son influence sur lui , sans employer l'autorité ; voilà quelle est , et l'étendue , et la borne du pouvoir et du devoir paternel.
IVous disons d'abord que les parents , qui prétendent disposer arbitrairement de la vocation de leurs enfants, commettent une double injustice; l'une envers leurs enfants , l'autre envers Dieu.
Il serait également absurde et dangereux , de contredire cette vérité, qu'à l'état de la vie auquel on se décide est attachée l'afl'aire du salut. Le salut est le terme au-
quel Dieu nous appelle : notre condition est la route par laquelle il nous y conduit. Dès lors la détermination sur l'état est indépendante de l'autorité paternelle. Sur tout le reste , enfants , obéissez à vos parents : saint Paul vous l'ordonne de la part de Dieu , et vous déclare que c'est un devoir de justice (1). Mais dans ce qui concerne le salut tout esc personnel. Nous comparaîtrons tous , dit le même apôtre , devant le tribunal de Jésus-Christ , pour y rendre compte de notre propre conduite, et pour y re cevoir la récompense ou la peine de nos bonnes ou de nos mauvaises actions (2). Le père ne subira pas le jugement à la place de son fils. Son pouvoir ne s'étend pas jusqu'à le soumettre à la rigueur des arrêts divins. Tel est le seul droit qu'aient les enfants indépendamment de leurs parents : c'est de disposer de leurs personnes , sur ce qui concerne leur éternité. Et les tribunaux même de la terre, d'accord avec le tribunal céleste, leur en assurent la jouissance. Toutes les lois soit ecclésiastiques , soit civiles , prononcent la nullité des engagements contractés sans liberté et par contrainte.
En contrariant la vocation de vos enfants , non-seulement vous les privez de leur droit , naturel et positif, divin et humain ; vous usurpez encore celui de Dieu. Auteur de la société , créateur de tous les liommes , lui seul a droit de décider quelle place chaque homme doit occuper dans la société. En les formant, il a assigné à chacun d'eux une destination , et lui a donné l'aptitude aux fonctions pour lesquelles il le faisait naître (3). Lui seul connaît avec certitude ces deux choses : d'une part ,
(i) Filii, obedite parentibas vestris in Domino : hoc enim justum est. Ephes. 6; i.
i2) Otnnes nos manifestari oportet ad tribunal Christi ; ut referat unusquisqoe propria corporis, prout gessit, sive bonuui , sive malnm. a Cor. 5; lo.
(3) Unusquisque proprium donum habet a Dec ; alius quidera sic, aljus vero sic. i Cor. 8j 7.
les qualités qu'il a mises dans l'esprit et dans le cœur , et de l'autre , celles qui sont nécessaires pour exercer les divers emplois. Lui seul d'après sa prescience a le pou- • voir d'appeler Isaïe , de séparer Paul , dès le ventre de leurs mères (1). Lorsque Jésus-Christ disait à sa sainte mère et au pieux gardien de son enfance : Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois occupé aux choses qui concernent mon père (2) ? Parents qui deviez venir dans toute l'étendue des siècles chrétiens , il vous donnait une grande leçon : il vous apprenait à respecter dans vos enfants les vues de Dieu ; à ne pas les détourner du genre de devoirs pour lequel la Providence les a placés dans le monde. Dominateur tout-puissant, lui disait le Sage , vous nous jugez avec tranquillité , et vous disposez de nous avec une grande prudence (3). Quand Dieu, dans le secret de sa providence , nous mettant dans le monde , nous y donnait une destination , il nous préparait des grâces qui y fussent relatives. Pouvons-nous douter qu'il y ait des grâces diverses pour les divers états , analogues aux diverses fonctions, propres aux diverses circonstances^ attempérées aux diverses tentations ? Vous , qui vous ingérez à prescrire à vos enfants l'état qu'ils doivent embrasser , avez-vous pénétré dans le secret de leur prédestination ? Dieu vous a-t-il révélé l'ordre des grâces qu'il se propose de leur accorder ? Avez-vous prévu , comparé , calculé les moyens de salut et les causes de damnation qu'ils
(i) Dominns ab utero vocavit me, de ventre niatris wex recorda tas est nominis mei. Is. 49 ; i.
Cum aatem plaçait ei qui me segregavit ex utero matris me^e , et vocavit per gratiam suam. Galat. i; i5.
(2) Quid est qaod me quaerebatis ? Nesciebatis quia in his quae patris mei sont oportet me esse? Luc. 2; 49.
(3) Tu autera dorainator virtutis, cum franquiilitate jadicas,ct cum Hjagna reverentia disponis nos. Sap. 12; 18.
trouveront ; les occasions d'actions, soit vertueuses , soit criminelles , qui leur seront offertes ; les combats qu'ils auront à livrer el les secours qui leur seront apportés ; leurs dangers et leurs ressources ? Guide imprudent , vous avez la témérité de vous hasarder à les conduire , par une nuit profonde , sur une route que vous ne connaissez pas , hérissée de difficultés , entourée de précipices , semée de pièges , obstruée d'obstacles , et où chaque pas présente de nouveaux périls.
Cette manie de régler à son gré la vocation de ses en fanls est malheureusement également commune et funeste. On n'a égard ni à leurs inclinations, ni à leurs dispositions, ni à leurs talents, ni à leur caractère. On n'attend pas même pour fixer leur destination, que leurs facultés se soient développées, que leurs qualités bonnes ou mauvaises se soient montrées. Quelquefois c'est avant leur naissance, lorsqu'ils sont encore enfermés dans le sein maternel , que se prononce le fatal arrêt de leur destinée. Les malheureux enfants se précipitent en aveugles dans les états où on les entraîne : et les pères qui les conduisent n'ont les yeux ouverts que sur l'intérêt temporel : il les détournent de celui du salut. Les motifs qui décident ces destinations arbitraires, souvent aussi coupables que ces destinations mêmes, sont toujours indignes de l'importance de l'objet. Ce sont pour l'ordinaire des considérations de famille ; quelquefois des prédilections injustes, ou même des aversions criminelles. Pour soutenir la splendeur de la maison , au bien de l'un on sacrifie tous les autres. Une fille estelle disgraciée de la nature, on la condamne au cloître qu'elle abhorre. Si un puîné n'est pas appelé par la loi à posséder une fortune opulente, on lui ordonne d'entrer dans l'Eglise, pour en envahir les trésors, et non pour en acquérir les vertus. Cet honneur qu'il est défendu de s'arroger, à moins d'y être appelé comme
Aaron (1), on le contraint à l'usurper : et par une hypocrite dissimulation, on prétend l'offrir à Dieu. N'étends pas ta main sur l'enfant, et garde-toi de lui faire aucun mal, cria l'ange du Seigneur à Abraham prêt à immoler son fils. (2) Et cependant c'était sur l'ordre divin que ce père obéissant se disposait au sacrifice. Ici c'est non-seulement sans son ordre, c'est contre sa volonté expresse qu'on les sacrifie : et ce n'est pas à lui qu'on les sacrifie, c'est à son ennemi. On renouvelle le crime afh'eux reproché par le prophète : Ils ont immolé leurs fils et leurs filles au démon (3). Et pour les entraîner à ce déplorable sacrifice, que de moyens, soit d'astuce, soit de contrainte, n'emploie- t-on pas? Un enfant que l'on destine au monde, témoigne-t-il de l'inclination pour la vie ecclésiastique ou religieuse, on écarte de lui le directeur zélé : on étale devant ses yeux toutes les pompes de la vanité: on l'introduit dans des sociétés agréables : on lui fait fréquenter les personnes d'un sexe différent : on corrompra ses mœurs, si on le juge utile pour changer sa volonté. Au contraire, celui qu'on destine au sanctuaire y témoigne-t-il de la répugnance? c'est par les traitements les plus durs qu'on l'y pousse. On varie les moyens selon les caractères. On gagne le complaisant par des insinuations : on séduit les vaniteux par des flatteries : on éblouit l'ambitieux par des promesses : on fixe l'irrésolu par des ordres : on effraie le timide par des menaces : on écrase le faible par des violences.
Parents aveugles, vous vous félicitez de l'effet de vos
(i) Nec qiiisquara sumit sibi honorera: sod qui vocatur a Deo tanquam Âaion. Htbr. 5 ; 4-
(2) Dixitque ei : Non extendas manura tuam super pnerum : neque facias illi quidqnam. Cen. 22; 12.
3) Immolavernnt filios suos et filias suas daemoniis. Ps. io5;37-.
soins ; vous vous applaudissez d'avoir, malgré ses résistances, engagé votre enfant dans l'état que vous lui aviez destiné. Vous devriez bien plutôt déplorer votre funeste succès. Ne sentez-vous donc pas la terrible responsabilité que vous vous êtes imposée ? Vous avez donné à votre fils un état : lui en avez-vous donné la capacité ? Lui en avez-vous inspiré les vertus ? En remplirez-vous pour lui les fonctions? En acquitterez- vous les devoirs? En supporterez-vous les travaux ? En surmonterez- vous pour lui les tentations ? Et si ce parti, qu'il n'a pris qu'à votre nstigation, devient la perte de son âme, que deviendra la vôtre ? Dès ce monde même, que de malheurs vous vous êtes préparés? Si vous voyez celui-ci, dans l'Eglise, en devenir l'opprobre par ses désordres ; celui-là dans les camps se déshonorer par sa lâcheté ; cet autre sur les tribunaux s'avilir par l'ignorance et l'iniquité ; cette fille dans le mariage se faire flétrir par ses dissolutions, ou dans le cloître y porter le trouble par ses fureurs : que de larmes vous aurez à répandre ! Que de reproches à vous faire I Plût à Dieu que ce ne fussent là que des terreurs imaginaires ; ou au moins que des malheurs peu fréquents I Mais n'est-ce pas, et j'appelle en témoignage tous ceux qui ont quelque connaissance du monde, n'est-ce pas ce que l'on voit de tous côtés? Des jeunes gens que l'on a embarqués dans un état sans vocation, comme des nautonniers sans boussole, ne doivent-ils pas faire naufrage? On se plaint, hélas I et avec trop juste raison, de la manière dont sont exercés les divers emplois de la société. On cherche inutilement, dans toutes les conditions, des hommes qui en acquittent avec distinction les fonctions. On se demande avec chagrin pourquoi l'on ne voit plus de ces génies supérieurs, qui dans les diverses charges, honoraient les générations précédentes. Il n'est pas besoin d'aller en chercher ailleurs la cause. Faut-il s'étonner que toutes les places soient mal remplies, quand personne n'esta sa place? Pour rendre à la société politique son lustre et son bonheur, il suffirait de ce seul point, que ceux qui en composent les di-
verses conditions n'entrassent que dans celles auxquelles ils sont appelés. Et que l'on me permette même de mettre, pour un moment, à l'écart les principes sacrés, qui doivent cependant toujours être la première règle des actions. A ne consulter que la seule raison, n'est-il pas évident que non-seulement la splendeur, mais que le sort même des états dépend de la manière dont en sont gérés les divers emplois? ]\ 'est-il pas également certain que les emplois ne peuvent être gérés, avec honneur pour le public , que par ceux qui ont les qualités requises? IN 'est-il pas enfin de toute vérité que celui-là doit porter dans un emploi les qualités nécessaires, qui , avant de s'en charger, s'est assuré qu'il les possédait? 0 combien il serait florissant, combien seraient heureux les peuples qui le composent, cet empire, où chacun étant dans l'état que lui avait assigné la Sagesse suprême, en accomplirait avec une religieuse fidélité tous les devoirs : où les administrateurs seraient éclairés, et occupés du seul bien public ; les magistrats équitables et instruits ; les guerriers courageux et modérés ; les ministres de l'autel pieux et savants ; les négociants probes et sans fraude ; les receveurs des deniers publics désintéressés et sans faste ; où tous les riches seraient modestes et charitables; tous les pauvres soumis et laborieux. Un seul bien serait la source abondante de tous les biens : c'est que chacun fût dans la condition pour laquelle la Providence l'a lait naître.
Mais est-ce que l'état d'un enfant n'intéresse pas essentiellement ses parents ? Leur est-il donc interdit de s'immiscer dans ce choix important, et d'y prendre quelque part? Nous sommes bien éloignés de cette dangereuse exagération. Nous avons déjà observé que, si c'est un premier devoir de ne point gêner la liberté, c'en est un second de l'éclairer : et que s'il n'est pas permis de fixer la détermination, il est recommandé de la diriger. Qui mieux qu'un père, dont la vigilance a toujous été attentive sur son enfant, peut connaître le genre et le degré de capacité, les quahtés et [la tournure du carac-
tère, la direction et la force des inclinations, les vertus et les défauts qui peuvent le rendre plus ou moins apte à tel état, propre à telle fonction plutôt qu'à telle autre? Quelle tendresse plus active l'inexpérience du jeune homme peut-elle consulter sur le sort de toute sa vie? Sur ce sujet le devoir paternel consiste en deux points : montrer à son enfant à faire un bon choix ; le détourner d'en faire un mauvais.
Ainsi , d'abord le père doit exhorter son fds à implorer , sur cette décision si importante , les lumières célestes. Il doit aussi se joindre à lui pour les obtenir. Le cœur de l'homme , dit le Sage , peut bien disposer sa voie : mais il appartient à Dieu de diriger ses pas (1). C'est le Seigneur, ajoute-t-il , qui conduit la marche de l'homme : car quel est celui qui peut par lui-même connaître la véritable voie (2) ? Dans cette route obscure , on s'égare immanquablement , si on n'est pas éclairé du flambeau sacré de la grâce. David , ce roi si sage , si habile , si grand , demandait au Seigneur constamment , et pour toutes ses actions , de le diriger dans la voie du salut (.3). Combien plus un enfant inexpérimenté a-t-il besoin de ce secours divin , non-seulement pour suivre cette voie sainte , lorsqu'il y sera engagé , mais surtout pour la connaître et pour y entrer I Ce n'est pas le tout de demander la grâce , il faut la seconder. Aux prières ferventes , le père sage et chrétien joint de solides instructions. Il n'a pas attendu le moment où son fils serait dans la nécessité de se décider actuellement : il l'y a préparé de longue main.
(i) Cor hominis disponit viam suam ; sed Doniini est dirigere gressus ejus. Prov. i6; 9.
(2) A Douîino diriguntur gressus viri. Qais autem hominura intelligere potest viam suam ? ProK>. 20; 24.
(3) Domine, deduc me in justitia taa... Dirige in conspectu tuo viam meam. Ps. 5 ; 9.
Dirige me in veritate tua, et doce me. Ps. a4; 5. Dirige me in semitam rectara. Ps. 26; 11. II. Consid. sur la Mor. Chrét. 2 i
Déjà depuis longtemps il lui a exposé les motifs qui doivent diriger son choix ; il lui a présenté les divers états que sa condition le met dans le cas d'embrasser : il lui a développé les avantages et les inconvénients de chacun ; il lui en a fait connaître tous les devoirs , lui en a fait remarquer tous les dangers , et , faisant l'apph cation de ces diverses considérations aux dispositions , à l'esprit , au caractère de son fils , il lui a indiqué , sans le contraindre , sans le séduire , la route qu'il croit la plus utile et la plus sûre.
Mais il peut arriver que , malgré les leçons de Texpérience et les exhortations de la tendresse , l'enfant penche vers un choix dangereux. Alors le devoir du père est de s'y opposer de tout son pouvoir. En général tous les états sont bons en eux-mêmes, puisqu'ils sont nécessaires à la société composée de leur réunion ( car on sent qu'il ne peut pas être ici question de l'état du crime ). Mais le choix d'un état peut devenir mauvais de deux manières : ou relativement au personnel de celui qui l'embrasse ; ou par les moyens par lesquels on y entre. Connais-toi toi-même , est une des principales maximes de la morale. Les païens eux-mêmes l'avaient enseignée. Mais cette connaissance de sa propre personne, la plus nécessaire de toutes , est en même temps la plus rare. On voit très-peu d'hommes qui se connaissent: combien doit-il y avoir encore moins de jeunes gens , plus dépourvus de réflexion et d'expérience. Quelques-uns , doués d'une modestie qui va jusqu'à l'excès , n'ont point le sentiment de leurs forces , et se croient au-dessous de tous les emplois. Mais le plus grand nombre , entichés d'une audacieuse vanité , se jugent propres à tout. Dans leurs présomptueuses pensées ils confondent toutes les notions de leurs dispositions personnelles. Ils prennent leurs goûts pour des inclinations, leur pétulance pour du caractère , leur légèreté pour de l'esprit , leur agitation pour de l'activité , leur ardeur pour du courage , leur vivacité pour du talent , leurs minces connaissances pour de la science. Ils érigent dans leur imagination jusqu'à
leurs défauts en vertus. De là un désordre bien commun, et qui en amène beaucoup d'autres , et dont trop de pères se rendent complices, si même il n'en sont pas les auteurs. On calcule si on possède les fonds nécessaires pour acquérir une charge. On examine si on aura assez de crédit pour l'obtenir. Mais ce qui devrait former la considération principale , on ne daigne pas même le mettre en considération. On ne forme aucun doute qu'on n'ait tout le mérite nécessaire pour remplir les fonctions. Ainsi se trouvent les emplois les plus importants occupés par des incapables , au souverain préjudice de l'ordre public , et à l'avilissement des titulaires eux-mêmes. C'est aux parents, qui , dans tout le cours de l'éducation, ont fait une étude suivie de l'esprit et du cœur de leurs enfants , qui en connaissent beaucoup mieux qu'eux-mêmes le fort et le faible , les bonnes qualités et les défauts , à les éclairer , et à les diriger ; à exciter la pusillanimité des uns ; à rabattre la présomption des autres ; à leur montrer ce à quoi ils sont propres ; leur faire sentir ce dont ils sont incapables ; à leur faire connaître ce qui doit les éloigner , ou les rapprocher de tel ou de tel état ; à leur montrer ce qu'ils auraient à acquérir , à perfectionner , à réformer , soit dans l'un , soit dans l'autre.
Ils doivent aussi leur apprendre à n'entrer, soit dans un état , soit dans une place , que par la porte de la vertu et de l'honneur. Ils doivent leur inspirer l'horreur des routes tortueuses de l'intrigue , de la fraude , de l'adulation, par lesquelles tant d'hommes courent aux dignités, et trop souvent y parviennent. Ils doivent leur inculquer fortement , pour devenir la règle constante de leur vie , cette maxime si vraie , si noble , si utile , mais malheureusement si méconnue , que les honneurs les plus distingués n'ont de valeur , que lorsqu'ils sont le prix du mérite.