‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 264 sur 281 · I. Craindre Dieu dès la jeunesse · texte numérisé non relu

I. Craindre Dieu dès la jeunesse

Enfants, espoir de vos familles, ressource de la patrie, vous dit le Maître suprême , venez , écoutez-moi : je vous enseignerai la crainte de Dieu (1). Ce que sont vos pères, vous le serez un jour : venez apprendre à le devenir. Venez vous rendre capables de remplir les devoirs qui vous seront imposés, dignes d'exercer les emplois qui vous seront confiés. Le monde où vous êtes destinés à vivre, vous attend : venez apprendre à ne pas vous en laisser corrompre, et à le servir ; à vous garantir de ses séductions, et à lui présenter vos exemples. Venez, dans les instructions de ma religion , puiser les vertus que vous devrez porter dans les divers états de la société, où vous vous disperserez ; la piété dans le sanctuaire, la modération dans les camps, l'impartialité sur

(i) Venite , filii , aadite me : timorem Domini docebo vos. Ps. Sa

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les tribunaux, la droiture dans le barreau, la bonne foi dans le commerce, le désintéressement dans la finance. Venez vous instruire de la crainte de Dieu: elle vous donnera la connaissance de toutes vos obligations de tous les genres, vous inspirera le désir de les remplir, vous en suggérera les motifs , vous en fournira les moyens, vous conununiquera la force d'en surmonter les obstacles. La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse (1). Elle la fera naître dans vous, la fera croître avec vous ^ la perfectionnera en vous ; en fera votre gloire sur la terre, et dans le ciel votre félicité.

Et vous, génération malheureuse, sortie de vos premières années, et maintenant dans la fleur de l'âge, qui fûtes donnée à notre patrie dans les jours de son désastre , lorsque l'impiété , planant sur elle , s'interposait comme un nuage épais et sombre, entre le ciel et la terre, prétendait intercepter les influences célestes, et osait rompre toute communication entre Dieu et l'homme ; lorsque proscrivant tout culte, punissant tout acte de piété, interdisant tout enseignement religieux, elle vous livrait à l'ignorance de vos premiers , de vos plus essentiels devoirs, et aux vices qui en sont la suite indispensable, revenez, ah î revenez à ces salutaires instructions, qui seules peuvent faire revivre en vous les vertus dont vous portez le germe ; revenez à ce Dieu qu'on vous a laissé méconnaître, qu'on vous a fait offenser ; qui vous rappelle par notre voix ; qui vous tend les bras ; qui vous offre ses grâces ; qui vous destine, qui veut vous donner le suprême bonheur.

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