VIII. Modèles de piété dans la jeunesse
Ne désespérez pas cependant. Si votre âge vous expose à des périls , il vous présente des ressources. Tournez vers les choses du ciel cette vivacité d'esprit , cette cha leur d'imagination , cette ardeur de cœur , qui vous agitent , et vous excitent à rechercher les objets terres très. Des obstacles au salut faites-vous des moyens de salut. Vous éprouverez des difficultés : elles augmenteront vos mérites. En les surmontant vous acquerrez le droit d'espérer que tout le cours de vos années se passera dans la vertu. Considérez les modèles de piété que ,
dans l'âge où vous êtes, vous offre la sainte Ëcrituie. Ils vous apprennent ce que vous pouvez , ils vous montrent ce que vous devez être. La miséricorde, née avec Job, a crii avec lui depuis son enfance (1). Elle fera de lui le plus brillant exemple pour tous les siècles , de patience et de vertu. Samuel croissant à Tombre du temple y apprend à plaire à Dieu et aux hommes (2) ; s'y prépare à ses hautes destinées ; s'y forme à devenir le juge irréprochable , le digne chef du peuple de Dieu. Salomon ( que n'a-t-il toujours persévéré dans les mêmes sentiments ! ) a dès le temps de sa jeunesse chéri et recherché la sagesse (3). Avec la sagesse il a obtenu de Dieu d'être le plus opulent et le plus heureux des souverains. Josias dès ses jeunes ans a recherché le Dieu de David son père (4). Dans un âge plus avancé il détruira Tidolâtrie , rétablira le culte du Seigneur, Tobie le plus jeune de sa tribu , commence dès son enfance à craindre Dieu , et à observer ses commandements I Toute sa vie sera une continuité d'actions vertueuses : et l'adversité venant à fondre sur lui, il en soutiendra le choc avec une immobilité rehgieuse , ne cessant de rendre grâces à Dieu (5). Etant
(i) Ab infantia mea crevit niecum miseratio : et de utero matris meae agressa est mecaiii. Joh. 3i; i8.
(2) Paer autem Saruuel proficiebat atqae crescebat ; et placebat , tara Deo, quam hominibas. i Reg. 2 ; 26,
(3) Hanc araavi et exquisivi a juventute mea. Sap. 8 ; 2.
Dixit Dominas Salomoni : Quia postulasti verbum boc, et non petisti tibi dies multos, nec divitias, aut animas inimicoram tuorum, &qù. postulasti libi sapientiam, ad discernendum judicium ; ecce feci tibi secundum sermones tuos, et dedi tibi cor sapiens et intelligens; in tantum ut nulius ante te similis tui fuerit, nec post te surrecturus sit. Sed et hsec quje non postulasti dedi tibi; divitias scilicet et glpriam ; ut nemo fueiit similis tui in regibus cunctis rétro diebus. 3. Reg. 3; II, 12, i3.
(4) Cnm adhuc esset puer cœpit quserere Deum patris sui David. 2 Parai. 34; 3.
5) Cum ab infantia sua semper Deum timuerit, et mandata ejus custodierit, non est contristatus contra Deum quod plaga cœcitatis