‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 273 sur 281 · XI. 3. Eviter les mauvaises compagnies · texte numérisé non relu

XI. 3. Eviter les mauvaises compagnies

En veillant avec un soin assidu sur vous-même, il vous est également essentiel de porter votre attention sur ce qui vous entoure , et sur les sociétés dans lesquelles vous pourrez vous trouver engagé. La société est pour l'homme un besoin et un danger. Il n'est pas bon qu'il soit seul (1). Ce fut le premier oracle que prononça sur lui son créateur. Mais , et c'est une autre vérité pareillement enseignée par le maître suprême , celui qui marche avec les sages deviendi'a sage ; l'ami des insensés se rendra semblable à eux (2). Jeunes gens , c'est' à vous surtout qu'est adressée cette importante maxime. Les qualités mêmes propres à l'âge tendre ^ et qui le rendent si aimable, l'esprit plus facile , le caractère plus flexible, l'humeur plus complaisante , le cœur plus sensible , le rendent plus susceptible des impressions étrangères. La jeunesse , qui n'a pas encore d'idée à elle, forme ses principes sur ce qu'elle entend , ses inchnations sur ce qu'elle voit ; et les leçons des premières années restent souvent la règle de toutes les autres. La cire encore molle reçoit aisément l'empreinte qui lui est donnée ; et , s'endurcissant ensuite, elle la conserve. Combien de jeunes gens nés avec un naturel heureux , doués par la nature d'm-

(i) Dixit quoqae Dominas Deus : Non est boniim esse hominein solum. Gènes. 2 ; 18.

(2) Qni cum sapientibus graditur sapiens eril : arnicas stultorunj similis efficietar. Prov. i3: 20.

clinations vertueuses , munis par la grâce de principes religieux , ont vu tout cela se dissiper dans les sociétés perverses où ils se sont répandus I Un seul compagnon libertin, comme un levain corrompu^ va gâter toute une masse de jeunes gens. C'est une peste qui , se communiquant rapidement , porte l'infection et la mort dans tout ce qui l'approche. Fuyez avec horreur cette contagion qui fut fatale à tant d'autres , qui vous le serait indubitablement. Ne mettez jamais le pied dans ces assemblées que l'oisiveté réunit, que la frivolité maintient, que la licence anime. Evitez ces conversations dont l'obscénité est le sel , dont la malignité fait le piquant. Recherchez la liaison des hommes honnêtes et vertueux. Vous aspirerez à l'honneur de leur ressembler, et vous l'obtiendrez. Pour vous soustraire au dangereux besoin des sociétés, sachez être seul avec vous-même. Faites -vous dans votre intérieur d'utiles occupations. Elles vous donneront pour le présent une distraction , un éloignement des objets dangereux; pour la suite, une solidité d'esprit qui influera sur toutes vos actions, pour tout le cours de votre vie, une instruction qui vous rendra capable des emplois auxquels vous serez appelé. RempKssez dans le silence de vos réflexions et de vos études, votre esprit de connaissances , votre cœur de vertus. Amassez maintenant , pour jouir toute la vie. Ce que vous n'aurez pas semé dans le printemps de vos jours , comment le recueillerez-vous dans l'automne de vos années (1). ^

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