‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 274 sur 281 · XII. Devoirs envers les parents · texte numérisé non relu

XII. Devoirs envers les parents

Le second genre d'obligation que les jeunes gens sont tenus de reconnaître et de remplir , est celui que la na-

(i) Qoae in jnventute taa non congregasti , qaomodo in senectule tna invenies? Eccli. aS; 5.

ture et la religion leur imposent envers les auteurs de leurs jours. N'a-t-elle pas prétendu, l'absurde et criminelle philosophie de notre siècle , dessiccative de tout sentiment honnête , destructive de tout principe vertueux , dégi-ader encore en ce point l'homme jusqu'à la condition des bêtes , en brisant le lien cher et sacré qui unit les enfants à leurs pères, en bannissant de leurs cœurs l'attachement réciproque qui fait le bonheur de toute leur vie, en affranchissant la jeunesse de tout respect , de toute soumission envers les parents , du moment où les soins paternels auront cessé de lui être né cessaires? Mais pour le bonheur de l'humanité , son affreuse tentative n'a inspiré que l'horreur. Les âmes honnêtes l'ont rejetée avec exécration , les malhonnêtes même avec mépris. Le bienfaisant auteur de notre nature a voulu que les enfants fussent intimement , et restassent constamment liés aux auteurs de leurs jours par un nœud plus étroit encore que la raison , par un sentiment antérieur à tout raisonnement. Il a voulu que l'amour respectueux et soumis des enfants , qui est le fondement de la société humaine , et le principe fécond des vertus , ne dépendît pas des sophismes d'une intelligence bornée ou égarée , ne fût pas le jouet des caprices d'une volonté dépravée. Il l'a gravé dans le cœur humain , et si profondément qu'il ne peut pas entièrement s'en effacer. Honore ta mère , ô mon fils , tous les jours de sa vie, disait Tobie : rappelle-toi tous les maux qu'elle a soufferts , tous les dangers qu'elle a courus pour loi lorsqu'elle te portait dans son sein (1). Un être qui n'a pas perdu toute sensibilité, peut-il jamais oublier les fatigues , les peines , les infirmités qu'il causa à sa mère dans la grossesse , les vives douleurs de l'enfantement ,

(2) Honorein habebis inatri tuae omnibus diebas vilae ejus. Memor enîna esse debes quae et qnania pericula passa sit propter te in utero suo. Tob.ly\ 3, 4. ■*

les soins toujours tendres , quelquefois humiliants et bas, qu'il reçut d'elle et de son père dans sa première enfance? Pour remplir cet essentiel devoir, nous n'avons qu'à nous laisser aller au sentiment le plus naturel , le plus doux , le plus cher , le plus tendre de nos cœurs.

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