‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 39 sur 281 · XLIII. Prudence · texte numérisé non relu

XLIII. Prudence

Enfin la confession doit être prudente ; et cette condition en renferme plusieurs. 1^ Elle doit être faite secrètement et à voix tellement basse , qu'elle ne soit entendue que du confesseur. Entre le coupable et son juge il ne faut pas de témoin. La connaissance des péchés qu'on laisserait prendre à d'autres , exposerait à leurs railleries le pénitent , et peut-être même l'auguste sacrement. Il est aisé de juger combien se rendent coupables ceux qui cherchent à entrer dans cet impénétrable secret, soit en écoutant ce qui se dit dans le confessionnal, soit en tâchant de dérober et de lire des confessions qui auraient été mises par écrit. 2° La confession doit être simple , se renfermant dans ce qu'il est nécessaire d'énoncer pour faire connaître le fond de la conscience. On voit souvent des pénitents , même des personnes pieuses , pécher en ce point ; mêler à l'accusation de leurs péchés le récit de choses qui y sont étrangères ; déclarer des actions qui ne sont pas matière à confession ; raconter avec un détail superflu et fastidieux des circonstances minutieuses , indifférentes , qui ne changent ni en bien ni en mal les péchés. 3° Les expressions employées dans la confession, doivent être modestes et honnêtes (1), ce que l'on doit observer surtout lorsqu'on a des choses à déclarer , qui ont offensé la pureté. Il ne faut pas continuer de blesser cette délicate vertu , en s'accusant d'y avoir porté atteinte. 4° Enfin la prudence requise dans la confession défend positivement de faire connaître ou directement ou indirectement les péchés d'autrui. Elle inter-

(i) Omnia bonesle , et secundura ordineiu fiant, i Cor. i4; 40.

dit même , excepté dans le cas de nécessité , de faire la déclaration du complice de son péché , l'indication dès personnes qui y ont eu part. C'est pécher contre la charité et aussi contre la justice , de révéler inutilement , même sous l'inviolable secret du sacrement , les fautes du prochain. Nous disons inutilement : car si cette révélation est nécessaire à l'intégrité de la confession ; si , comme il arrive quelquefois , la personne du complice forme une circonstance qui change la nature , ou qui aggrave la malice du péché , on est tenu de la déclarer. On se doit à soi-même la première charité : et la loi de l'intégrité de la confession est antérieure au précepte de la discrétion.

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