‹ Considérations sur divers points de la morale chrétienneChapitre 8 sur 281 · VII. La cléinence divine, motif de pénitence · texte numérisé non relu

VII. La cléinence divine, motif de pénitence

Et cette bonté infinie que nous éprouvons , lors même que nous la méritons le moins, ne doit-elle pas être un motif pressant de retourner à elle? Tandis que j'offense le Seigneur, que je redouble, que je multiplie contre lui nies outrages , au lieu de me punir , il n'est occupé qu'à me faire grâce (2). Sa patience à nous attendre nous est un garant de son indulgence à nous pardonner. Puisqu'il diffère de se venger , il veut être fléchi : en nous

(i) Adeamus igitur cnm fîducia ad thronum gratiae,ut misericordiam consequaitjur, ut gratiam inveniamus in auxilio opportnno. Hebr. 4; i6.

(2) Ipse autem et misericors , et propitias fîet peccatis eoram , et non disperdet eos : et abundavit ut avertei'et iram suam, et non accendit omnem iram suam. Pi. 77; 38.

Miserator et misericors Dominns, longanimis et multum misericors. Non in perpetnura irascetur, neque in oeternum comminabitur. Non secundum peccata nostra fecit nobis , neque secundura iniqaitates nostras retribuit tiobis. Quantum distat ortus ab occidente, longe fecit a nobis iniquitates uostras. Quomodo miseretur pater filiornra, misertus est Dominus timentibns se. Ps. 102 ; 8 et seq.

Misereris omnium, quia orania potes, et dissimulas peccata hominum propter pœnitentiam. Diligis enim omnia quae sunt, et nibil odisti eorum quae fecisti... Parcis autem omnibus, quia tua sunt , Domine , qui amas animas. Sap. 11 ; 2/^, 26, ^'j. Et alibi passim.

accordant le temps du repentir , il nous exhorte par cela seul à en profiter (1). 31ais ce n'est pas encore assez pour cette miséricorde ineffable de nous attendre : à mesure que nous nous éloignons , elle nous rappelle ; à mesure que nous l'évitons , elle nous recherche ; à mesure que nous la fuyons , elle nous poursuit. Tandis que nos offenses , élevées jusqu'à son trône , provoquent sa colère, c'est sa bonté qui y répond par les grâces qu'elle ne cesse de verser sur nous. Le père de famille se jetant au cou de l'enfant prodigue , le bon pasteur courant dans le désert après la brebis égarée, et la rapportant sur ses épaules, faibles emblèmes , quoiqu'ils nous soient donnés par Jésus-Christ , de sa clémence envers les pécheurs. C'est qu'aucune expression humaine ne peut répondre à l'idée de la miséricorde divine (2). Serions-nous assez insensés pour la méconnaître ; assez ingrats pour n'en être pas touchés ; assez durs pour ne pas nous rendre à ses touchantes invitations ; assez ennemis de nous - mêmes pour continuer de la braver , et pour amasser par notre impénitence , au lieu du trésor de grâces qui nous est offert , Un trésor de colère pour le terrible jour du jugement (3) ?

Page 1