‹ Considérations sur l'agriculture canadienne [microforme]Chapitre 10 sur 12 · Ÿ LE · texte numérisé non relu

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! gissant de toutes parts en faveur

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L'agriculteur peut se passer de tout le mond:, per:onne ne peut se passer de | agriculteur.

M. Danvran.

Voilique tout le pays voit avec plaisir que notre légis-

de l'axiiculture. Il faut saisir au passage ce qu'elle entend faire, cette année, pour un intérêt si grave et si digne par conséquent de son attention. (C’est parce que nous sa-

© vions déjà ce quelle a fait pour cet intérêt, que nous avons ! cru bien faire, aux approches de la session actuelle, d’unir 1 notre voix, quelle qu'elle soit, aux voix et aux efforts sur-

de l’agriculture. Certainement, si nos finances publiques s’améliorent au point qu'on nous le fait espérer, notre législature ne saurait

mieux mériter du pays, à l'époque actuelle, qu’en adop-

tant de suite des mesures, non seulement indirectes, mais tout-h-fait immédiates, au profit du sol canadien.

Ce que nous saisissons au passage, aujourd’hui, et ce que nous ne pouvons trop louer, ce sont, d’abord, les mesures déjà entrées en chambre au sujet des terres publiques, qu'on veut adiuinistrer désormais d’une manière plus utile que jamais ; puis, les deux projets de loi touchant le prix de l'argent. (Celui de ces deux projets que l'honorable M. Cauchon a mis sous les yeux de ses honc-

| rables collèoucs, dans l'Assemblée Légistative, était facile,

il nous semble, à amener promptement et victorieusement à l’état de loi. Il n'a que deux objets en vue : tous deux aisés à être compris par le bon sens public et par tous les vrais amis du bien général ; surtout par les amis de la classe agricole. La morale privée et publique parmi les Canadieus-Français n'est pas encore heureusement telle-

ment dénaturée qu’une telle mesure, qui a besoin d’une

… règle de con:cisnce autant que dela foros légale, soit neà glizée plus longtemps.

Que l'honorable moteur tienne donc fort et ferme à ses deux objets de son projet de loi. Que toutes les voix canadiennes-françaises, tant dans le Parlementque dans le public, lui fassent écho. Il s’agit de proportionner le prix de l'argent, d’abord selon les règles de la morale chrétienne,

| 34 lesquelles sont maintenant envahies scandaleusement par plus d’une conscience abusée ou coupable; puis, il s’agit aussi de proportionner principalement le taux de l'argent aux revenus des propriétés des champs ; afin que le cultivateur, qui est le nerf de la richesse générale, soit favoxisé avant tout dans ses opérations. (C’est pourquoi, six par cent pour toute somme assurée par hypothèqne sur des propriétés rurales, devraient être rigoureusement le plus judicieux maximum de l'intérêt exigé. Autrement, on dira vainement que l’on veut favoriser e cultivateur et asaurer la plus haute ressource de la richesse publique.

Avec les intérêts de l’agriculture, l'honorable M. Cauchon a aussi en vue, par son projet de loi, ceux du commerce. Or, pour ne rien risquer non plus dans cet autre intérêt important ; pour ne pas élever de ces commerces échevelés qui brillent un instant et se iundent scandaleusement dans la banqueroute, le taux de l'argent commercial devrait être aussi strictement et sagement limité selon les vues indiquées dans le projet de loi.

Nous copions ici mot à mot la troisième clause de ce projet, à cause de son importance. Nous voudrions pouvoir l’afficher au front de tout usurier sans conscience, et aussi au front de tout emprunteur vaniteux et imprudent qui se ruineen riant ou en jouant. Les lois sont faites non seulement contre les pervers décidés, mais aussi contre ses faiblesses d'esprit et de cœur qui amènent le vice à un degré nuisible à la communauté des citoyens. Voici la clause en question : elle est sévère, mais juste, et toute dans l'intérêt moral de la société aussi bien que dans sonintérêt matériel. Elle pourrait toutefois subir un amendement contre l'emprunteur ou le débiteur qui rentrerait dans la catégorie des imprudents et des fastueux dont nous venons de parler.

€ La personne, dit la clause, la corporation ou la banque

quirecevra op prendra directement ou indirectement un

taux d'intérêt plus élevé que celui que permet la loi, perdra son principal et ses intérêts au profit de l'emprunteur ou débiteur, dont elle ne pourra pas les réclamer.» C’est: bien.

L'autre mesure venue devant nos chambres législatives, Fou la session actuelle, est celle relative aux terres pu-

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