PAR PRE TT
le nier. De la tête aux pieds, la société en est gangrenée. L'Italie est à aujourd'hui pour le prouver encore une fois ; et l'Europe, docile depuis soixante ans à cet enseignement néfaste, ne sait que s'abstenir. Tout l’ordre divin qui doit régir avant tout la société, y est nationalement méconnu ou interverti. C’ est le cas de dire, ou jamais, attendez, messieurs, Dieu n'a pas abdiqué Lu Vos COn£Tès illusoires, vos alliances et vos batailles ne lui font pas peur. Que de fiers potentats ont déjà abdiqué avant lui! sans compter ceux que la génération actuelle a vus et verra encore si le char social et politique continue à courir hors des voies chrétiennes, au risque de tout rompre.
On à tant voulu, depuis trois siècles, par l’hérésie, le schisme et le philosophisine, assurer à l'esprit humain une indépendance sans limite, que sautant par-dessus tout obstacle et toutes barrières, il est devenu un cheval fougueux et ingouvernable. Dans les choses mêmes de raison et de simple bon sens, ce qu’on appelle l’opinion publique n’est plus souvent que la folle de la maison ou une tyrannie aveugle. Voyez-à faire. Elle s empare aujourd’hui d’une idéc à priori, et de suite elle l’élève à la plus haute puissance ; sans se donner le souci d’en examiner ni l’origine, ni la légitimité, ni les résultats. Demain, elle détrônera à priori aussi cette idée pour en élever une autre sur le pavois ; ou bien, toutes deux, luttant à mort entr’elles, diviseront les citoyens pour n'aboutir qu’à un vain son de paroles, ou à des exploits à coups de poines, de stylets ou de canons. L'histoire, dit-on, pour fiche de consolation, enregistrera ces hauts faits; la postérité la plus reculée les tambourinera, et tout le monde, glorieux de faire si longtemps parler de soi, demeurera content... jusqu’à la prochaine tempête. Ah! que Dicu nous préserve de ces pompeuses folies et de ces misères sociales ? Le moyen, c’est d'aller plus simplement, et partant plus heureusement, Pour nous, Canadiens-Français et catholiques, c’est de conserver nos principes, nos traditions, etsurtout aujourd’hui celle de l’agriculture. Celle-ci est à améliorer, et voilà tout. Du reste, elle est née avec nous, comme peuple, et elle porte en elle- -même, comme nous l'avons dit, ses conditions de paix, d' honneur, de moralité, de courage et de vrai patriotisme,
Ce n'est pas tant de nouvelles découvertes ni de nou-
veaux plans qu'il faut, pour le bien de notre agriculture, que des vues d'ensemble pour infiltrer dans l'esprit du peuple canadien le goût de ce premier des arts utiles, et déterminer une prompte et générale efficacité dans ses opérations. C’est un élan qu'il faut créer pour l’avantage de ceux qui souffrent. Comme M. Drapeau, notre point de départ à nous, c’est du secours aux pauvres avant tout, afin d'en faire autant que possible d’honnêtes cultivateurs, au lieu d'artisans et de journaliers sans ouvrage niavenir. Pour atteindre ce premier but, il faut une éducation agricole simple, mais générale. Les riches pourront toujours se procurer de hautes écoles d'agriculture, comme déjà ils ont l'avantage de placer leurs enfants dans nos hautes institutions littéraires. (C’est ainsi que nous aurons, pour toutes les classes et pour tous les besoins de notre société, un vrai cours complet d’éducation.. Inutile avec cela d’aller à l'étranger chercher des écoles et des connaissances faciles à créer et à trouver chez soi. La jeu-
nesse ainsi restera au pays pour sa vie intellectuelle et matérielle.
‘ Qui veut la fin doit vouloir les moyens.’ Vérité populaire.
Il doit être reconnu que l’agriculture et la colonisation sont aujourd’hui dans le vœu du peuple comme dans l'esprit de tous ceux qui savent penser utilement pour le bien du pays. La Providence sert admirablement cette terre privilégiée du Canada. Pour notre part, depuis que nous sommes en état de juger sérieusement des choses, nous avons pu observer facilement cet œil de la Providence qui veille sans cesse sur les Canadiens-Français; et ce secours à point qu’elle ne manque pas d'envoyer dans des moments de crises ou de dangers sérieux.
Quand la prospérité nous gonflait un peu trop de notre suffisance nationale, et que ce mal allait à la ruine de nos intérêts politiques comme de nos traditions les plus saintes, Dieu nous envoyait l'épreuve et l'expiation dans les suites malheureuses de nos dissentions civiles. Plus tard, le luxe et la vie trop libre voulant déborder, Dieu nous envoie de
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