‹ Considérations sur l'agriculture canadienne [microforme]Chapitre 5 sur 12 · RÉ ONE · texte numérisé non relu

RÉ ONE

de

AR ne Du Per

mémorables incendies pour nous ramener à nos anciennes mœurs plus sages et plus chrétiennes. Menaçant encore aujourd’hui de rompre toute barrière sacrée et raisonnable, les mêmes abus nous attireront peut-être bientôt de nouveaux châtiments. Enfin, l’intempétance hideuse et immorale n'allait à rien moins qu'à nous avilir à jamais devant Dieu et devant les hommes, la Providence nous a envoyé des hommes et des institutions religieuses pour nous relever et nous sauver. Aujourd’hui que le sol qui nous porte et nous nourrit semble nous fuir sous les pieds par notre esprit de routine ou de négligence, voilà que Dieu inpire tout-à-coup un élan vers le seul moyen de nous sauver, qui est de nous adonner sérieusement à la culture et à la colonisation. . Puisque la fin, en tous nos besoins généraux, à diverses époques, nous est ainsi manifestée admirablement par la divine Providence, à nous d'étudier et de

mettre à effet, avec ernpressement et avec reconnaissance, les moyens d'exécuter ces fins. Or, voici, l'un après l'autre, les moyens qui s'offrent visiblement, puisqu”’ils sont déjà connus, pour améliorer notre agr culture, fin providentielle de l'époque actuelle. Quel sera le premier de ces moyens ? Vüû les circonstances du jour, nous pensons que ce doit être les chemins de fer.

Aujourd'hui, en effet, on ne parle partout que de chemins de fer ; chose admirable assurément et d’une utilité toutà-fait incontestable. Mais hâtons-nous d'en finir afin d’en user en raison seulement de nos vrais besoins, et de nous livrer ensuite avec plus de ressources, de temps et d'hommes à créer, par l’agriculture, des produits en rapport avec des

chemins si énormément coûteux. L' argent public et privé,

que le Grand Tronc dévore aurait suffi à faire bien des heureux, par le moyen de la colonisation et des améliorations agricoles. Bientôt, au pas que nous allons, le Saint-Laurent va se trouver cinglé de deux voies ferrées parallèles, longeant chacune de ses rives, sans compter celle de ses eaux, pendant la saison d'été. Ce sera magnifique. Les promeneurs et les touristes n’auront que l'embarras du choix. Cependant, il est clair que l'idée première de ces nouvelles inventions n'a certes pas surgi uniquement pour les désœuvrés et les opulents ; mais bien plutôt pour un usage plus utile: c’est à dire pour transporter sur tous les points les produits en tous genres, et surtout les produits agricoles. Car c’est là

le seul vrai moyen d'utiliser et de payer ces inventions nouvelles, qui ne marchent et qui ne vivent qu’à grands frais. Pour nous, si nous sommes sages, il faut laisser aux hardis Américains le soin de vendre des chemins de fer surnuméraires, vû que c'est une marchandise qui ne s’achète guères, et partant qui peut rester fort longtemps au magasin. Hâtons-nous, au contraire, peuple et gouvernement, d'ouvrir nos terres à tout prix pour y puiser des produits abondants et durables. Alors l'utilité des chemins de fer devient manifeste eten même temps réciproque; c’est-àdire, elle aide d’abord à l'ouverture des terres, puis les nouvelles terres ouvertes donnent aux propriétaires des voies ferrées, avec ie revenu ordinaire des transports du commerce,

une somme nouvelle de produits, qui leur procure les moyens :

de payer et d'entretenir ces voies. En conservant l’équilibre dans cette réciprocité, il n’y a rien à craindre sur les effets des chemins de fer. Ces deux ordres de choses iront aussi de pair indéfiniment pour leur avantage mutuel d'abord, et ensuite pour l'honneur et le bien général du pays. C’est pourquoi, si cet équilibre est sagement gardé, et que l'esprit et les œuvres de la colonisation prennent racine fermement dans notre population, le chemin de fer de la

rive nord du Saint-Laurent sera d’un puissant secours à .

cet effet; et plus tard, si les affaires de ce chemin sont bien administrées, il se maintiendra florissant, lui et Ja partie du pays qu’il embrassera, C’est alors, qu’allant sagement de progrès en progrès, des voies moyennes s’ouvriront entre Québec et le Saguenay, par exemple, et ailleurs sur d’autres points de notre sol encore si peu exploité et si propre pourtant à toutes sortes de ressources, notamment dans les régions de l’Ottawa, du Saint-Maurice, de Gaspé et ailleurs. Si le Grand Tronc, qui traverse les townships de l'Est, n’a pas produit, au dire de tous, le but désiré, à luila faute, vû ses prix trop élevés, Ce qu’il n’a pu comprendre dans l'intérêt des populations rurales, la nouvelle compagnie, qui voyage de la Poïinte-Lévis à la Rivière-du-Loup, l’a, compris et mis à exécution d’une manière digne de tout éloge.

Dans un temps où tout le monde a ses idées et fait ses plans, pour rendre notre peuple meilleur et heureux, imaginez-en un qui soit plus efhcace et plus prompt. Tous les autres moyens qui contribueront à faciliter au peuple la vie agricole, participeront de même à l’avantage et à Ja

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