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gloire de rendre vraiment le peuple heureux et meilleur. Qu'on s'arrête donc unanimement à ces moyens, après les
avoir étudiés et mûris sérieusement. Ils sont tous simples d'exécution, comme nous le verrons plus bas ; ils sont tous connus déjà, et même, plus où moins heureusement, ils fonctionnent presque tous ; que reste-t-il donc à faire ? rien autre chose qu’à les améliorer, afin d'en tirer plus d’avantages. C'est-à-dire, faisons la guerre à la routine, à l’insouciance, à l’inconduite et tout sera gagné. C'est beaucoup, dira-t-on; soit : mais c’est possible et plus qu'on ne le pense. On a vaincu, pour l’avantage du peuple et l’honneur du pays, d’autres obstacles que ceux-là. En agissant ainsi, dans dix ans, le Canada serait renouvelé au point de vue agricole, etl’on neserait plus en droit d'appliquer à nos compatriotes cette vérité : « Qu'il y aurait d’heureux à faire sur le sol canadien avec tout le bonheur qui s’y perd.» Avant d'aller plus loin dans la considération des moyens de mettre l’agriculture en honneur parmi nous, nous devons rappeler à la mémoire des lecteurs que nous n’écrivons surtout qu’en vue de ceux qui souffrent, faute d’avoir à eux une propriété rurale, ou qui, placés sur un sol riche, y vivent à peine, faute de connaissances spéciales. Les grandes spéculations agricoles dépassent notre but, n'étant que le fait d’un petit nombre d’heureux du siècle, comme dans le haut commerce et les opérations financières opérées sur un grand pied. Les Canadiens-Frangçais, on ne saurait trop le répéter, n’ont besoin, en général, que de cette modération de richesses et de jouissances qui convient à leur caractère pacifique, honnête et vertueux. C’est la perle de leurs traditions, ne la changeons point pour des faux diamants, pour des bijoux d'emprunt. Après tout, nous dirons encore une fois, que veut-on de plus que le bonheur ? Les Canadiens savent où il est, ils en ont joui jusqu'ici : laissons-les à leur expérience. Seulement, aidons-les, dans les limites du juste et du permis, à augmenter ce bonheur, à V'affermir, à l’embellir, mais non à le remplacer par des nouveautés contre la nature et contre la Providence. Si l’agriculture, bien réglée, leur procure l’aïisance au point qu'ils ne soient jamais affligés de la plaie du paupérisme national, tel qu'il existe au sein de ces grands peuples contemporains, sihaut vantés et pourtant si réellement malheureux à plus d’un titre, quel est l’homme de bon sens,
quel est le chrétien consciencieux qui ne préfère cette honnôte aisance, avec sa vertu et sa paix, aux richesses disproportionnées ou exclusives de ces peuples si faussement vantés ? C’est la richesse si bien comprise par le bon Henri IV qu'il faut au peuple canadien : c’est-à-dire, avoir la poule au pot, aux jours fériés, et le reste, dans une mesure suffisante, aux jours ouvrables. Or, pour en venir là, les moyens se simplifient plus qu’on ne pense. Laïssant de côté, comme nous l'avons dit, les grandes écoles et les grandes entreprises, comme ne pouvant étre que le résultat de quelques sociétés ou de quelques particuliers pourvus d’amples ressources, ou aidés puissamment par le gouvernement, bornons-nous, par un régime d’ensemble, à tirer un meilleur parti des moyens que nous possédons déjà de rendre notre agriculture plus productive et mieux raisonnée, et cela sur tous les points du pays.
À cette fin, nous devons compter sur le gouvernement, sur les riches et sur tous les vrais amis du pays. Le gouvernement peut prendre l'initiative, pourvu qu’il procède par des voies plus simples et plus économiques que dans le système actuel de notre éducation. Les riches devraient seconder l’œuvre de toute leur influence et de leurs ressources, à la suite du gouvernement, et tous les amis du pays se montrer, afin d'établir une vraie croisade agricole. —C'est ainsi qu'on mérite bien du peuple, et qu’on le rend meilleur et heureux. Car le besoin d’une meilleure agriculture existe partout dans notre province ; c’est donc partout qu'on doit l’encourager et la développer. Nous venons de voir que les chemins de fer sont aujourd’hui comme le premier moyen d'atteindre ce but, voyons la suite des autres moyens.
Le second moyen, après celui des voies ferrées, est, à notre avis, les associations de secours. Ce n’est point notre but d'apprécier en détail celle proposée par M. Drapeau et et déjà mise en activité heureusement dans plusieurs paroisses des comtés de l’Islet et de Kamouraska. Nous nous attachons seulement à l'excellent principe qui a donné naiïssance à cette association. Placée sous la garde de la religlon, ayanten vue la moralité du peuple, son bien-être matériel, ainsi que la vraie force etla vraie gloire du pays, la pensée heureuse qui a conçu tous ces avantages sous une forme simple et facile, vient de plus haut peut-être dans
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