OBSERVATION XV
Thon.
La malade âgée de 34 ans, mariée, entre au Service pour crises asthmatiforme, anorexie, vomissements, et douleurs dans l'hypocondre droit. Antécédents personnels sans particularité. L'examen de la malade : une femme en bon état de nutrition, sans subictère.
Appareil pulmonaire. Montre l'existence de râles secs, sur toute la surface. pulmonaire.
Appareil digestif. La palpation de l'abdomen montre l'existence d’un point douloureux vésiculaire, il n’y a pas d'augmentation de volume du foie et la rate n’est ni palpable ni percutable.
Examen cärdiaque. Sans particularité, tension artérièlleM120/6S%R"°R:
À son entrée au Service, la malade n’a pas de tempéräture, le pouls oscille entre 80 et 90, mais au cours de son hospitalisation elle atteint quelquefois 38°. Un tubage pratiqué chez cette malade a donné les chiffres suivants :
Acide libre o Acide total 0,37
Rien à signaler dans les urines. L'examen radiographique et radioscopique du tube digestif permet de constater une légère ptose gastrique et colique, une hyperkiniesie gastrique avec évacuation accélérée.
Il s’agit d’une malade atteinte de crises asthmatiformes ayant fait vraisemblablement quelques poussées de cholécystité.
L'ANACHLORHYDRIE DES ANEMIES
La symptomatologie de l’anémie pernicieuse attire immédiatement l'attention sur le tube digestif. L’inappétence, l’anorexie spécialement pour les viandes, les vomissements qui ne sont pas rares et surviennent généralement assez fréquemment après les repas, abondants et violents dans les cas graves. La glossite si caractéristique, la palpation de l’abdomen qui permet parfois de sentir une tumeur dure due à une contraction violente du pylore (Naegli). Les diarrhées fréquentes. L'examen du chimisme gastrique, enfin par l'absence
d'acide chlorhydrique libre.
L'anachlorhydrie est un symptôme habituel de l’anémie pernicieuse. Les statistiques sont éloquentes à ce propos. Sur 15 observations de Lewine, 3 seulement signalent la présence d'acide libre, dont deux qui permettent un doute sur le diagnostic d'anémie pernicieuse.
Knud Faber signale une proportion de 10 % environ d’anémiques du type Biemer parmi les anachlorhydriques, sa statistique, Qui porté sur 207 cas, indique 22 cas d’anémie pernicieuse où l’achylie a précédé de 3, 7 et 10 ans les signes sanguins.
Sur nos 100 observations ds’anachlorhydriques, 8 se rapportent à des anémies pernicieuses.
Cette préexistence de l’achylie est très évidente dans une observation d'Axel Borgboerg de Copenhague : un commis de Banque de 40 ans, qu'il a suivi pendant 5 années, avait présenté tout d'abord des troubles dyspeptiques : sensation de pesanteur, douleurs dans l’hypocondre droit et de la fatigue, L'examen du sang n'avait rien montré d’anormal, un examen gastrique avait montré l’absence d’acide iibre.
Or, 5 ans après, le malade faisait une anémie pernicieuse grave et mourait rapidement.
Si un tel enchaînement des symptômes n’a pu être mis en évidence dans nos observations, la tenacité de l'insuffisance sécrétoire gastrique y est bien établie.
Sutvis pendant quelques années, soit à ia policlinique,
soit au service, nos malades ont présenté des fluctuations
Souvent importantes de leurs chiffres sanguins: sous l’influence du traitement des améliorations parfois considérables,
par contre une fixité absolue de leur anachlorhydrie.