Albarran, Assoc. franc. de chirurgie
Be
faite, il faut que les coudures restent mobiles ; dès qu'elles sont fixées l’obstacle à l’urine commence. C’est ce que Legueu a encore bien démontré. Fixant une coudure avec des épingles, il a constaté que la circulation ne se faisait plus si facilement, le liquide passait mal, il y avait arrêt.
La fixation de toute la partie supérieure du canal n'est pas nécessaire pour arriver à ce résultat, une seule coudure suflit.
Tel est l’état de l’uretère dans le rein mobile, quand celui-ci se déplace en prenant le point d’attache de ses vaisseaux pour centre. Mais nous savons qu’il peut en outre se déplacer suivant ses axes. S'il évolue suivant son axe transversal, se mettant en rétroversion ou en antéversion, il en résulte pour l’uretère un mouvement de torsion, d’enroulement, qui, suivant son degré, rétrécit plus ou moins sa lumière. Il en est de même s’il se meut sur son axe vertical. Pasteau, dans sa deuxième autopsie, nous montre un cas curieux d’uretère enroulé. Le rein droit mobile de son sujet avait subi un mouvement de rotation sur ses deux axes, et l’uretère était coudé et comme enroulé en spire à son point de coudure autour d’un axe antéro-postérieur.
D’autres facteurs peuvent encore intervenir, pour modifier l’état de l’uretère dans le rein mobile : ce sont les vaisseaux anormaux, ou normaux mais allongés; alors on observe les formes les plus variées : des coudures, des courbures en forme de crosse, en S;
Prat (1), entre autres, rapporte un très joli cas de ces uretères en crosse. Il s'agissait d'un rein mobile avec pyonéphrose; un pédicule vasculaire, artère et veine, très volumineux passait entre l’uretère en arrière et la poche prolabée du bassinet en avant, et maintenait la concavité de la crosse uretérale.
Toutes ces modifications intéressent surtout la partie supérieure de l’uretère ; dans le reste de son trajet, il conserve sa forme et direction normales. Ainsi l'ont constaté Legueu, et Fredet.
Nous ajouterons que Legueu et Fredet remarquent nettement que le rein passait au-devant de l’uretère, sans le soulever ni le comprimer, ce qui vient à l’encontre de la théorie de Navarro qui, pour expliquer l’'hydronéphrose, suppose que dans le rein mobile le pôle inférieur de la glande vient comprimer l’uretère et interrompre le cours des urines.
Péritoine. — Les auteurs américains et anglais distinguent les reins déplacés en rein mobile (movable Kindney), etle rein flottant (foating Kindney). Pour eux : € Anatomiquement un rein flottant a un mésonéphron formé par un redoublement du péritoine, et se trouve comme le mésentère à l’intérieur de la cavité péritonéale. Un rein mobile est situé derrière le péritoine, derrière lequel il se meut librement» (2).