CHAPITRE I
Traitement.
Si la conjonctivite granuleuse reste toujours répandue, ce n’est certainement pas faute de traitements. On à tenté par tous les moyens possibles d’enrayer cette affection si tenace qui, au commencement du siècle, ravageait notre armée d’'Egvpte et obligeait le gouvernement belge à licencier son armée.
Toute la thérapeutique a été mise à contribution depuis les caustiques, les antiseptiques jusqu'aux interventions chirurgicales. Ces dernières, en faveur dans les temps anciens, firent place aux caustiques pour reparaitre surtout après les récentes découvertes microbiologiques.
Tous les traitements donc ont été essavés. Pour presque tous on a constaté de très bons résultats, mais on à eu le grand tort de par trop s’enthousiasmer pour tel ou tel traitement qui donnait quelques succès, et surtout de vouloir le généraliser et l'appliquer dans tous les cas de conjonctivite granuleuse. IT en fut ainsi pour les inoculations de pus blennorrhagique, pour le traitement par le jeguirity qui eurent pour ainsi dire leurs jours de splendeur.
Il faut bien se faire une idée, que jusqu'ici on n'a pas encore trouvé le traitement radical par excellence de la conjonctivite granuleuse. Tous ceux que l’on a expérimentés jusqu'ici sont bons, mais encore faut-il savoir les appliquer à propos.
On arrivera ainsi à améliorer considérablement l’état des malades,
‘chez quelques-uns on pourra peut-être faire disparaître l'affection, mais il en restera toujours quelque chose. Quant à prétendre que tel ‘ou tel traitement guérit radicalement les granulations, il ne faut pas y penser.
Tous les traitements connus sont bons, avons-nous dit, mais il faut savoir les appliquer à propos.
En effet, nous sommes complètement de l'avis de M. le Professeur Panas, qui est celui aussi de notre maitre, M. le Professeur Badal, et nous pensons que :
Dans les cas aigus avec purulence les caustiques et les antiseptiques donnent les meilleurs résultats. Dans notre observation VIIT nous “apportons le cas d’une malade traitée d’abord par le brossage, et chez laquelle ce traitement, loin d’être efficace, fut plutôt nuisible, on labandonna pour en revenir au traitement par le sulfate de cuivre.
Le traitement par les caustiques à été un des premiers institués. -On à cherché par ce moyen à provoquer une inflammation nécessaire à la résorption de lPinfiltration Iymphoïde. Les meilleurs à notre avis sont le sulfate de cuivre, le nitrate d'argent et le sous-acétate de plomb.
Il serait superflu de parler des bons effets du sulfate de cuivre dans la conjonctivite granuleuse aiguë, mais il est bon de faire remarquer que, dans les cas chroniques, il est sans action ou tout au
“moins ne provoque qu'une amélioration passagère. Encore faut-il que le malade ait assez de patience pour suivre ce traitement d'une facon régulière et pendant un temps quelquefois très long.
Nous en dirons autant pour le nitrate d'argent employé en solution
ou sous forme de crayon.
Quant au sous-acétate de plomb, il à le grave inconvénient de former des dépôts de sels dans les replis conjonctivaux et peut amener des lésions du côté de la cornée.
Il est une chose à considérer, c’est. que la conjonctive s’habitue
vite à ces caustiques et leur devient même réfractaire.
dé 48 =
Le traitement par les antiseptiques est un peu dû aux découvertes de Sattler sur la nature microbienne de la granulation.
Le naphtol 8 employé en solution à 1/5000 ou sous forme de
pommade :
Väseline.#". 30 grammes ; Naphtol6* 10, 20, 30 centigrammes,
a donné de bons résultats, mais l’application en est assez difficile et surtout pénible lorsque la cornée est le siège d’ulcérations.
Le sublimé est à la fois un caustique et un antiseptique. Sattler l’a employé à la dose de 41/1000; Dujardin, à la dose de 1/250. Le sublimé est évidemment le meilleur de tous les antiseptiques, mais appliqué ainsi sous forme de gouttes, son action nous semble très limitée. Évidemment nous n’allons pas mettre en doute son action, mais encore faut-il porter cet antiseptique là même où se trouve l'agent infectieux. Aussi préférons-nous le voir allier à un traitement chirurgical que de employer seul.
Le massage à l’acide borique préconisé par Vignes et Costomiris, est encore, à notre avis, le meilleur traitement par les antiseptiques. L’acide borique antiseptique emprunte au massage l’action irritante et par lui se trouve porté au milieu des tissus.
in somme, dans ces cas de conjonctivite granuleuse aiguë, nous préconisons fortement les cautérisations au sulfate de cuivre ou le massage à l'acide borique. Quant aux traitements chirurgicaux, ils sont absolument à rejeter.
Avant d'en arriver au traitement de la conjonctivite granuleuse chronique, nous ne pouvons nous empêcher de dire un met des inoculations de pus blennorrhagique et du traitement par le jeguirity.
L'inoculation de pus blennorrhagique compte certainement quelques succès, mais aussi que de désastres. Son influence est en effet des plus néfastes sur la cornée. Dans les cas d’ulcérations de la cornée
sous son action, ces ulcérations ne font que croitre et embellir. M. le
2e D' Collache, dans sa thèse inaugurale (obs. I), cite un cas de ce genre et montre très bien l’action désastreuse de ces inoculations purulentes. M. le professeur Panas en vient à conclure qu'il ne faut en user que dans les cas désespérés.
Les lavages au jeguirity ont donné eux aussi quelques succès, et cependant c’est un mode de traitement à repousser pour plusieurs raisons. Îl est d’abord très difficile de doser ce médicament dont on ne connait même pas encore le mode d'action ni le principe actif. Pour Panas, de Wecker et Warlomont c’est un microbe, pour Sattler et Bruylants c'est la jeguirityne. Quoi qu’il en soit, malgré de Wecker!, qui prétend que la cornée ne court aucun risque par ce mode de traitement, la liste des accidents auxquels il donne lieu prévient que l’on doit bien en surveiller l'administration.
Les observations Let IT de Ia thèse de M. le D' Collache montrent que dans ces deux cas le jeguirity n’a donné que des résultats absolument fâcheux. Chez les malades de ces observations l’inflammation est excessive, Dans la troisième le pannus présenté par le malade s’est épaissi et le malade se voit obligé de quitter la clinique de Wecker.
Nous en arrivons maintenant au traitement des granulations chroniques par les interventions chirurgicales les seules applicables dans ces Cas à notre avis.
Il en est de même pour les traitements chirurgicaux que pour le traitement par les caustiques et les antiseptiques, et il ne faut pas, crovons-nous, appliquer indifféremment et sans raison tel ou tel de ces traitements dans tous les cas de conjonctivite granuleuse chronique.
Nous pensons que dans les cas de granulations exubérantes polrpeuses et peu nombreuses l’excision de ces granulations sera Île procédé de choix.
Quant à l'excision des culs-de-sac conjontivaux, traitement préco-
nisé par Galezowski, il présente certes le grave inconvénient de