‹ Considérations sur l'art de la guerre. Par le baron RogniatChapitre 18 sur 21 · Pour remplir des rôles si différents, Ips · texte numérisé non relu

Pour remplir des rôles si différents, Ips

5o2 conclusions.

troupes de ligne doivent marcher et combattre avec ordre et ensemide, et les troupes légères marcher et combattre dispersr-es et i.solément; d’où il suit que leur éducation et leurs exercices ne doivent pas plus se resseiuhler que leurs services.

g. -La légion renfermera dans son .sein de l’infanterie de ligne, de l'infanterie légère, et de la cavalerie légère, afin que ce corps réunisse la légèreté et la vélocité avec la .solidité.

lo La cavalerie de ligne, qui ne peut être fort utile que par de grandes masses, et à la fin d'un combat, sera toute réunie en réserve de l’armée.

1 1. La quantité de l’artillerie doit être en raison inver.se de la bonté de l’infanterie : on peut fixer le nombre de bouches à feu à raison de deux pièces par mille hommes de bonnes troupes.

la. Une partie de cette artillerie sera donnée aux légion.s pour engager le combat, et l’autre partie sera tenue en réserve de l’armée.

i3. Les grandes armées ne pouvant pas marcher sur une seule colonne, sans risquer de voir la tète battue par l’ennemi avant que la queue, souvent à plus d’une journée en arrière, ne puisse arriver à son secours , on est contraint d'en former plusieurs colonnes de route.

i4- Chaque colonne de route suivant un chemin différent, doit avoir son avant-garde et ses flanqueurs pour s’éclairer. Celte avant-garde sera

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uniquement compose'e de troupes légères, afin de ne pas engager de combat sérieux Svant l’arrivée de l'année.

1 5. La longueur d’une colonne de route est fixée par le temps qu’elle peut se promettre pour se déployer en bataille avant d’être attaquée , dès qu’elle a des nouvelles de la marche de l’ennemi par son avant-garde Cette longueur ne peut guère s’étendre, par cette raison, au-delà de deux à trois lieues; ce qui comprendra environ trente mille hommes avec l’artillerie et les bagages, sur une grande route. Ainsi ^ la force d'utft colonne de route peut s’élever ordinairement à trente mille hojnmes.

ifi. D’où l’on voit qu’une colonne de route doit se former de plusieurs légions : je la forme ici de quatre légions, de soixante bouches à feu , et de trois mille chevaux de ligne; et j’en fais un corps d’armée sous les ordres d’un général en chef, qui doit renfermer dans son sein tout ce qui lui est nécessaire pour les combats, puisqu’il voyage, et qu’il campe isolément.

\'j. Les différents corps d’armée sont dirigés par un généralissime, qui fait cojicourir leurs efforts vers un même but, et qui les fait marcher de manière à se prêter un mutuel secours. Ils ne doivent pas s'éloigner de plus de deux lieues les uns des autres, si l’ennemi est réuni.

i8. Lorstpie l’ennemi sc sépare en plusieurs corps trop éloignés pour se soutenir, le UitenL

5o4 CONCLUSIONS,

d'un généralissime est de réunir tont-à-cmip ses colonnes par des marches forcées, contre im de ces corps , afin de l’écraser sous le poids de forces supérieures.

iç). L’infanterie doit se former en bataille sur trois rangs, contre l'infanterie et contre la cavalerie.

ao. Les meilleurs feux, sur-tout contre la cavalerie, sont les feux successifs par rang.

ai. Un ordre de bataille complet doit être composé d’une première ligne pour se battre, d’une seconde ligne pour encourager et soutenir la première, la remplacer dans le comba||, et favoriser .sa retraite et son ralliement; et enfin , d’une réserve pour parer aux accidents imprévus et tumultueux du combat, .secourir les lignes , jmitéger leurs flancs et leurs derrières, et frapper, au moment opportun, un coup décisif sur un point affaibli de l’ordre de bataille de l’ennemi.

aa. Les cohortes de première et de seconde ligne appartiendront aux mêmes légions. Ces dernières seront placées hors de portée du fusil , afin qu’elles se conservent intactes jusqu’au moment d’entrer en scène: on les rangera en petites colonnes, qu’on ne déploiera que lorsqu’elles remplaceront les premières dans le combat, afin de ne pas gêner le pa.ssage des lignes.

aü. La ré.serve composée de la cavalerie de ligue, de la moitié de l’artillerie, et d’un corps

CONCLl'SIONS. 5or.

d’infanterie d’rMite, se tiendra en colonne derrière le centre des lignes, hors de portée du canon.

Dans cet ordre de bataille, l’infanterie légère , dispersée en tirailleurs sur les fronts et sur les flancs, escarmouche en engageant le combat; l’artillerie légionaire en batterie à côté des cohortes de première ligne, ouvre son feu sur l’ennemi ; la première ligne s’avance, et tâche de saisir une position favorable à portée de fusil, pour commencer son feu de mousqueteric ; la seconde ligne marche au secours de la première, dès qu’elle est rompue et qu’elle cède du terrain, et la remplace dans le combat; elle arrête l’ennemi , tandis que celle-ci se rallie , se reforme en arrière, et devient seconde ligne à son tour; jeu qui se répète plusieurs fois en raison de la bravoure des troupes; et, enfin , la réserve fait avancer son artillerie pour battre une des ailes affaiblies de l’ennemi ; son infanterie marche vivement en colonne pour aborder cette aile, tandis que la cavalerie de ligne la tourne rapidement, se forme perpendiculairement à son ordre de bataille, et la charge en flanc et à dos. Telle est Thistoire des combats les mieux calcu- > lés de ce siècle.

a5. L’ordre en colonne est un ordre de marche et non pas de combat; ainsi l’on ne doit le prendre que lorsqu'il s’agit d’arriver rapidement sur l’ennemi plutôt que de se battre, ou pour

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forcer un défilé lorsque le terrain ne permet pas

de se déployer.

26. Par exemple, s’il s’agit d’attaquer des retranchements ou un village, ce serait une folie que de vouloir échanger des coups de fusil avec un ennemi à couvert. Il faut arriver promptement sur lui pour lui livrer un combat plus égal à l’arme blanche; et alors, l’ordre en -colonne doit être préféré comme Je plus favorable à la marche et le plus commode pour pénétrer par les défilés étroits des brèches et des rues du village.

27. Mais comme une bataille se compose d’une suite alternative de combats et de marches, il s’ensuit q»ie les troupes doivent tantôt se déployer pour la facilité du combat , tantôt se replier sur elles-mêmes pour la facilité de la marche. Ce pas,sage successif de l’un à l’autre ordre, suivant les circonstances locales et autres du moment , exige un coup-d’œil rapide et exercé.*

28. L’ordre de bataille primitif doit toujours se plier et se marier au terrain, de manière à faire tourner tous ses accidents au profit de l’attaque ou de la défense.

29. Parmi les accidents de terrain , les uns sont favorables, et les autres défavorables; l’art des positions consiste à se saisir des accidents favorables pour en fortifier son ordre de bataille, et à laisser les accidents défavorables en avant et sur les flancs, pour qu’ils affaiblissent l’ordre de bataille de l’agresseur.

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