DECOUVERTES DU DOCTEUR CONTAT
En 1936-1937, au cours de la grave épidémie de poliomyélite qui sévit en Suisse, les médecins employaient le traitement alors classique : injection de sérum de Pettit et parfois aussi injection de sérum des parents du petit malade. Malgré cette thérapeutique, la virulence du germe neurotrope était telle
que dans les hôpitaux la mortalité était très élevée
puisque de 20 %,, c’est alors qu’un médecin de la région d’Avenches, qui soignait plusieurs de ces malades, puisqu'il en a traité 35, a été amené à les soigner d’une manière toute différente et fort simple dont le résultat fut surprenant.
Un de ses premiers malades fut un enfant de 16 mois dont nous allons donné un bref résumé de son cbservation. Il présentait une température à 40° avec raideur très accentuée de la nuque, opisthotonos, crises convulsives avec grosse angine, Le Dr Contat ne fit pas le diagnostic de poliomyélite, pas davantage d’ailleurs qu’un neuropathologiste appelé en consultation.
Le diagnostic ne s’impose que quelques jours plus
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fard, quand s’installe insidieusement d’abord une hypotonie des muscles de la joue gauche et une paralysie des muscles dans la distribution du nerf facial inférieur gauche. De prime abord, Contat avait institué un traitement interne anticonvulsif (gluconate de calcium) et anti-angineux qui était le chlorate en question. Aussitôt l’état général était devenu meilleur, la température était tombée, la raideur de la nuque avait diminuée et l’opisthotonos disparu.
Des heureux résultats étaient acquis lorsque le diagnostic de poliomyélite devenant manifeste furent injectés 30 cc. de sérum antipoliomyélitique.
L'amélioration obtenue était-elle un pur effet du hasard ou au contraire la conséquence du chlorate de potasse ? Contat essaye désormais ce traitement dix-neuf fois, il lemploya associé au sérum de Pettit, le résultat était excellent. Puis ensuite, il renonça à ce sérum et usa seulement du chlorate sur seize cas qui obtinrent les mêmes résultats heureux.
Dans tous ces cas, le chlorate de potasse a été donné très précocement et à très forte dose, 10 centigrammes par kilo de poids du corps. Mais ces 10 cenligrammes pour une journée sont répartis en 12 fractions prises toutes les deux heures. On peut même -forcer la dose de 5 centigrammes par kilo pendant le premier jour dans les cas graves.
Malgré ces doses, qui à première vue, paraissent vraiment un peu fortes, Contat n’a jamais observé d'accidents grâce à ces doses proportionnées. Ainsi ne se produit pas de néphrite due à la transformation
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de l’hémoglobine en méthémoglobine sous l’action d’une trop forte dose de chlorate.
Des expérimentations furent faites sur le singe et eurent un résultat tout à fait concluant, sur le même virus inoculé dans le cerveau, les singes non traités moururent ou restèrent définitivement paralysés, alors que ceux qui avaient ingéré le sel en même temps qu’ils étaient infectés ne présentèrent aucun symptôme morbide.
Il y eut également une autre expérimentation, le chlorate étant donné à la période paralytique. La paralysie reste ce qu’elle était au début du traitement alors que les singes témoins moururent ou devinrent complètement impotents.
Sous la direction du docteur Debat, de nombreuses expériences eurent lieu au Laboratoire de Garches et de Saint-Cloud, sur la propriété du produit en particulier. Il en ressort que la tolérance est remarquable chez le singe, même avec des doses supérieures à celles employées en clinique. A des doses de 0,40 par kilo, on ne note chez les singes ni trouble respiratoire, ni hypersalivation et la respiration est demeurée normale.
L’examen des urines ne montre rien d’anormal indiquant une atteinte rénale.