UE L EMPLOI UES TROUPES
d’Errard de Bar-lc-Duc, le premier des ingénieurs de son temps.
Durant le régne de Louis XIV, l’usage de faire Ira* Tailler les soldats devint général : un camp de 3 o,ooo hommes fut, en 1670, réuni devant Dunkerque, pour relever les fortifications de la ville; un même nombre de troupes concourut, de 1C84 à 1C88, à ériger l’a* qucduc de Maintenon; enfin, vers la même époque, les soldats ont été occupés aux canaux du Midi, d'Or* léans, de Bourgogne, et même à la construction des monuments de ^’cr.sailles. Toutefois il est essentiel de remarquer que ces militaires étaient alors employés isolément, comme simples manœuvres, et à peine surveillés par leurs sous-olficicrs.
Le milieu du siècle dernier vit éclore plusieurs ré*glements dans lesquels on trouve la preuve que l’usage de faire participer les soldats aux travaux s’était per* pétué. Les fortifications et le port de Gravelines reçurent par ce moyen de notables améliorations (de 1716 à 1740) ; d'importants travaux militaires ont été aussi exécutés dans les places de Douai, Metz, Tbionvillc, Bitcli , Belle-Ile, Dunkerque, Toulon, Brest, et Landau. 11 faut remarquer qu’ici, comme k toutes les époques, les travaux de fortifications exécutés par
ACX TnAVAOX D'uTll.iri PUBI.IQUK. 2(J
les soldats ont eu un résultat avantageux , parce que ceux ci devaient considérer leurconcours à ces travaux comme inliércnts au service.
De 176.Î jusqu’en 1785, trois régiments furent occupés à creuser le canal du Centre pour joindre la Loire .à la Saône; mais les faux-frais auxquels leur emploi donna lieu firent monter la dépense des travaux environ au double de ce qu'ils auraient coûté étant exécutes par des terrassiers. Ce résultat s’explique quand on sait que les travaux manuels étaient devenus pénibles et même odieux aux soldais : une ordonnance les contraignait de s’y livrer, mais ils se sentaient encouragés dans leur résistance par les chefs do corps jaloux de conserver sur leurs subordonnés une surveillance de tous les lieux et de tous les instants.
Depuis que la conscription a nationalisé le mode de recrutement en imposant le devoir militaire à toutes les classes de la société, les guerres continuelles de la République et de l'Empire ont rarement permis la coopéra tiondes troupes aux grands travaux de l’intérieur : néanmoins, pendant les années i 8 o 3 et 1804, des ouvrages considérables ont étéexécutés.à Belle-Ile-cn-Mer par nos soldats, alors que celte lie, en quelque sorte bloquée par des vaisseaux anglais, réclamait pour sa défense des
ôo ne l’empi.oi des thoupes
li'avaux auxquels la population ne pouvait sulTire. Dans le meme temps, les cor|>s réunis au camp de Boulogne exécutèrent d’importants ouvrages tant à Boulogne même qu’à Ambleteusc. Ne quittant le fusil que pour prendre la pioche , et la pioche que pour reprendre le fusil , ils élevèrent comme par enchantement des étahlissemenls militaires et maritimes dont l’utilité a survécu à révènemenl qui leur avait donné naissance.
Hors du territoire nos soldats ont également accompli des travaux remarquables. Ainsi en se rendant à Milan pour placer la couronne de fer sur sa tète , Napoléon , qui voulait faire d’Alexandrie la place la plus forte de l’Europe et la clef de l’Italie, employa aux fortifications de cette \ille les régiments «rinfanterie réunis par ses ordres au camp près de Marengo; et là encore les troupes étaient alternativement exercées aux grandes manœuvres et occupées de travaux manuels.
Après la paix de Tilsitt, la division du général Morand exécuta des travaux importants de fortification à Praga et à Modlin, en Pologne. Satisfait des bons résultats d’une telle expérience, cetolficier-général, l’un de nos divisionnaires les plus marquants, souhaitait qu’elle fût renouvelée en temps do paix; cl cepen-
AI'X THAVACX d’utilité PUnLIQUL. 3l
danl il cloutait du succès. Aussi lit-on dans son ouvrage, üe Varntée selon ta Charte : « L’idée de Irans-
• former de jeunes Français en soldats romains et d’ap- » plicjuer leurs forces pendant la paix à des travaux
• manuels n’est pas neuve ; mais jusqu’à ce jour elle » n’a pas fait fortune chez les nations modernes de » l’Europe, ou parce que les moyens de la développer » n’ont pu être reconnus , ou parce qu’il y a dans
• les mccurs de ces nations une résistance dilTicilc à » vaincre. »
Üe nouveaux exemples achèveront de démontrer que cette résistance ne se manifeste point quand l’emploi des troupes se lie aux intérêts de la défense. Ainsi des ouvrages considérables ont-ils été construits par la Grande-armée dans l’ile de Lobau, tant pour protéger les corps laissés dans cette lie , après Essling, que pour la construction de quatre ponts, dont l’un sur pilotis. En i8is, enfin, la garnison de Corfou fut employée aux fortifications et aux travaux nécessités par la défense de la place.
Sous la Restauration, et pendant quinze années, les troupes n’ont point été ainsi utilisées; cependant plusieurs ministres, et notamment le marquis de Clermont-Tonnerre , ont eu l’intention de former des
DE l’fmpi.oi des troupes
ôa
camps d’infanterie pour les faire concourir à un système général de défense du Pays. Ces projets étaient restés sans exécution, quand la conquête de l’Afrique est venue prouver que nos soldats étaient, sous tous les rapports, les dignes émules de leurs devanciers au camp de Boulogne et à l’Ile de Lobau.
Après la conquête vint la pensée de civilisation. Lier entre elles des populations sans homogénéité, les associer à tous les avantages que procurent les arts, le commerce, et l’industrie; consolider notre établissement parmi elles : tels étaient les devoirs de notre armée victorieuse. Ces devoirs furent compris, et chaque jour assure de plus en plus leur accomplissement.
La plupart des travaux de routes, de dessèchement, et autres, faits dans l’Algérie, ont dù leur exécution au dévouement des troupes des différents corps de l’Armée dirigés habituellement parles officiersduGénie, concurremment avec les sous-officiers etsoldatsde cette arme. L’administration des ponts et ebaussées a eu une part importante à cette direction, car les fonds al-
louésparlebudgctauGénie (i)lulpcrmettent seulement
de faire le tracé et d’ouvrir les roules; les ingénieurs civils en terminent la construction à l'aide des troupes,
(i) l.M fonds vxlraordinaii es alloués au Génie co i838 pour coiislruc-
AÜX TnAVAüX ü’üTlLITÉ PUBLIQUE. 33
secondées accessoirement par des colons cl même quelquefois par des indigènes. L’impulsion militaire SC fait donc toujours sentir 5 cos travaux , qui sont ordonnés par le Gouverneur-général, et surveillés par les chefs de corps et les ohiciers généraux.
Des ouvrages que l’ennemi pouvait chercher inopinément à interrompre exigeaient, en eflcl, 1a présence d’ouvriers capables de combattre au besoin ; et la pioche, elle aussi, devenait une arme favorable à la domination. Ces considérations, jointes au désir d’économiser les deniers de l’État, et plus encore l’avantage d’endurcir à la fatigue dos hommes dont l’activité aimait à se multiplier, suggérèrent l’idée d’organiser des ateliers militaires.
Si les voies de communication sont particuliérement l’œuvre des troupes à pied, la bonne volonté de l’Artillerie, et, ce qui est plus remarquable, celle de la Cavalerie n’ont pas été stériles pour le travail. Les
lion, se sont éivvéi à g 5 o,ooo fr.; ceux del'ArtilUrie, k 5 o,ooo; ceux des punis et cbaussces, à 5 oo,ooo.
Les crédits ordinaires uccurdés, en 1839, pour le matériel du Génie, les furtifirations, cl Us bâtiments militaires, sont de 1,800,000 fr.
634,000 fr. ont été alluucs pour le service et le matériel des ponts et clia'ussées. Ce crédit était plus parliculièremeut destine aux travaux marU
Ô4 DB l’emploi des TnOL'PES
artilleurs ont construit des magasins, des écuries, des hangars ; et on a vu, à Bouiïarick et à Bone, les cavalière récolter le fourrage pour leurs chevaux.
Voici les principales routes du territoire d’Alger qui sont déjà à la charge du service des ponts et chaussées ou qui doivent prochainement lui être remises par le Génie.
i” Route d’Alger à Bélida, par Douera ;
2° Route d’Alger à Boufrarick, par la plaine;
5’ Route d’Alger au gué do l’Aratch;
4“ Route d’Alger à Boudouaou, par la Rassota ;
à" Route d’Alger au Fondouk ;
f)“ Route d'üuled cl-Mendil au Massafran;
7“ Route de Douera à Koleali, par Mahelma ;
8" Route de Birkadem à Douera ;
9" Route d’Alger à la Pointe-Pcscade.
Dans la province d’Oran, une route de G,ooo mètres a été construite pour lier ensemble le port de Mers el- Kéhir à Oran. Près de la moitié de ce parcours est creusée dans le roc vif. Les travaux de route ont été à peu près nuis jusqu’ici dans la province de Bone. La ju'ise de Constantine et l’occupation des points intermédiaires auront pour résultat de nouvelles voies de communication.
AUX TRAVAUX d'utiuté pubi.ique. 55
Partout , clans los provinces d’Alger, d’Oran, de Bone, et de Constanline, le Génie s’est occupé des travaux les plus urgents pour assurer la mise en état de défense des diverses places ou positions fortifiées.
Il était accordé en argent à chaque militaire employé aux travaux du Génie des rations supplémentaires dont le prix s’est élevé, par homme, à environ o fr. 3a c.
Le service des ponts et chaussées alloue aux soldats qu’il emploie de 4» à 45 c. par journée de dix heures.
Les militaires qui exercent quelque profession d’art reçoivent des rétributions plus considérables : mais tant pour ceux-ci que pour les simples terrassiers, la proportion du tarif des ouvriers militaires au tarif des ouvriers civils est à peu près comme i est à 5.
Pendant wn certain temps, le nombre des malades parmi les régiments stationnés dans la province d’Alger, et non employés aux travaux, fut tel, que l’indemnité accordée aux travailleurs était inférieure à la dépense occasionnée parles journées d’hôpital : la portion de travaux exécutée dans ces conditions profitait par conséquent au trésor public au lieu de lui être à charge.
Ce fait démontre en outre manifestemen t que le travail dans l’Algérie est très favorable à la santé du soldat.
DE i. EMPLOI DES TBOL'PES
En définitive , les travaux de l’Année ont procuré jusqu’ici de grands avantages en Afrique, et le calme de la paix permet chaque jour de développer ces sortes d’opérations sur une échelle jdus étendue.
Encouragé par de tels résultats, le Gouvernement, obligé d’ailleurs d’entretenir des troupes dans l’Ouest de la France, et cédant aux préventions de l'opinion, proposa la loi dil 27 juin i855. Celle loi, qui consacre un crédit spécial de 12 millions de francs à l’étahlissemenl d'un système de roules dites stralrgiqiws dans les déparlemcnls de l’Ouest, rencontra dès le début divers obstacles qui entravèrent momentanément son exécution. Les travaux ne furent poussés avec quelque célérité qu’à partir de 1 835, et ne prirent un développement remarquable que dans l’année 1806. A la fin de cette année, les troupes avaient exécuté, sous la direction des ingénieurs civils, 10 millions 353, 796 mètres 46 centimètres (338 lieues i;'a) de terrassements, et I million 333,960 mètres 5 1 ccnlimètres(283 lieues i /4) de chaussées. La dépense totale de ces travaux s’était élevée à 10 millions 108,475 francs 80 centimes. Depuis celle ép que, il n’a pas été fait d’autres travaux de roule.
L’emploi des troupes à la construction des routes
AUX ïilAÏAUX l)’l.'TILITfe PUBLIQUE. 1 \’]
slraléglqucs de l’Ouest a donc été plus onéreux qu’avantageux.^ l'administration des ponts et chaussées, sans compter les frais acquittés par le département de la guerre pour les déplacements, le campement, ou le logement chez l’habitant.
Le surcrott de la dépense provient : i“ de l’indemnité accordée auxofliciers; 3°de l’inexpérience des troupes, qui a mis dans la nécessité de leur adjoindre et de placer à la tête des ateliers un plus grand nombre d’instructeurs et de conducteurs que n’en auraient demandé des ouvriers civils; 3°dc ce qu’il n’y a pas eu de rabais, comme sur les adjudications ordinaires des travaux du même genre ; 4” enfin de ce que le travail du soldat était rétribue à peu près autant que celui d’un ouvrier libre ; car il recevait, terme moyen, indépendamment de scs autres allocations militaires, 8o centimes, dont 20 étaient versés à l’ordinaire.
Ce qui explique l’élévation de ce prix , c’est que les troupes ainsi fractionnées , et réparties sur de fort grandes distances, étaient obligées de se déplacer fréquemmunl; leur éloignement des marchés faisait renchérir pour elles les denrées; il y avait même qu.‘b{uefois nécessité d’indemniser les hommes qui, par diverses circonstances , étaient dans l’impossibilité de prendre part aux li avaux.
OK l’£\IPI.OI Dts TtlOl'I'fcS
l’uur moi, beaucoup moins pi'éoccu|)é ici d’une pcilsée d’économie que de l’inlcrêt mililaire, je sij;nalerai une autre cause de l’espèce de défaveur qui plane siales roules dites stratégiques. D’aliord celle dénomination a-t-elle bien la vérité pour base ? personne ne le pense : les mois n’ont de valeur que lorsqu’ils sont l’expression réelle d’une chose. Les roules que font en Afrique nos soldats sont véritablement des routes stratégiques, quoiqu’elles ne soient point ainsi appelées. Klles sont stratégiques, parce qu’elles lient enlre eux divers postes militaires , parce qu’elles se rnltachenl à un système combiné de conquête ou de défense.
Les nouvelles roules de la Vendée rendront sans doute plus faciles le mouvement des armées; elles auront pour ellèt d’alfaiblir parmi la population les idées de soulèvement ; cependant elles sont principalement établies dans une intention dviUsntrice et commerciale. Aussi celle dernière dénomination leur est-elle généralement appliquée dans le pays.
Toutefois le nom de Roules stratégiques rend ici hommage à un principe. La coopération forcée aux travaux publics n’csl-elle pas, en effet, une peine infamante? El lorsque les compagnies de discipline, lorsque surtout les criminels sont astreints à certaines constructions de roules, ne fallail il pas prévenir les analogies?
AIX TRAVAUX d’utILITÉ PUBLIQUE. 5g
ne devait-onpasallcr au-dcvant(lesj(islcssusceplibilités ' lie l’Armée, et rallachcr scs Iravaiix à une pensée militaire? Oui, sans doute; mais la pensée dans le cas actuel a été incomplète : les troupes n’ont aujourd'hui qu’un intérêt fictif aux routes de l’Ouest; la direction des travaux a été confiée à l’administration civile, qui est ainsi entrée, soùs quelques rapports, en partage avec le commandement militaire ; et quoique les troupes fussent organisées en ateliers par compagnies et même par bataillons, l'action des officiers et des sous-oiïiciers se trouvait paralysée, pour ainsi dire , par celle des ingénieurs civils. Cependant ceux-ci, détournés, par ces travaux, de leurs occupations ordinaires, et souvent forcés d’intervenir, comme arbitres, dans les fréquentes contestations qui s’élevaient entre les troupes et les entrepreneurs, avaient, si je suis bien informé , fort peu d’attrait pour ce genre de service.
Les chefs de corps, de leur côté, n’étaient pas disposés à encourager l’application d’un système auquel ils reprochaient d’interrompre entièrement l’instruction et les manœuvres. On pourrait citer tel colonel dont le régiment a été, pendant prèsde trois ans, occupé, dans les départements do Maine-et-Loire et de la Vendée, à la construction des routes, et qui pen-
4o DE l'f.UPLOI des TEOCPEg
clnnttoulce Icmpss’csI vu dans l’impossibilité de réunir sa troupe. Plusieurs autres colonels, loutcn seplaignant d’une mesure qui portait atteinte aux droits du coinmandement, témoignaient en même temps la crainte que la législation ne fiU pas suffisante pour contraindre à de pareils travaux les soldats qui voudraient s’y refuser, et proposaient de rendre leurcoopération facultative danslebutdeprévenir la résistance. Lesofliciers, réduits au rôle de surveillants, souffraient dans leuramour-propre, et se plaignaient d’une vio monotone qui les privait de toute distraction et des moyens d’étude qu’offrent les villes de garnison.
Le gouvernement lui-même mettait en doute s'il avait Lien le droit d’imposer légalement une telle obligation aux troupes. On comprend que ces incertitudes, ces hésitationsavaient de graves inconvénients; ce n’est pas en effet sans danger que peut être laissé au soldat le libre arbitre d’accepter ou de refuser le travail, d’agir enfin sous l’inspiration d’une volonté qui peut cbanger plusieurs fois dans une même journée.
Apres avoir interrogé, sur le sujet qui nous occupe, les faits accomplis dans notre propre pays, voy ons ce qui se passe cbe/. les principales puissances qui nous entourent. Commençons par l'Angleterre :
AUX THAVAIX d’uTIUTÉ PlinLIQk'I'. 4 *
La plus grande parlie de l’arnnie anglaise csl habituellement répartie sur les possessions britanniques. Le chiffre de cette armée s’élève à environ 109,000 hommes, disséminés aux Indes-Orientales, à Ccylan, à l’Ile-de-France, en Australie, au Cap, à Sainte-Hélène, aux Indes-Occidentales et à Demerari, dans les lies Ioniennes, à Malte et à Gibraltar, au Canada et aux colonies qui en dépendent, en sorte qu’il reste peine dans les Trois Royaumes 4 o,ooo hommes. Ce faible effectif ne permet pas d’occuper le soldat anglais aux travaux manuels.
Cependant l’emploi des troupes anglaises à de semblables travaux n’csl pas sans exemple. Dans la première moitié du xviii* siècle, après l’insurrection jacobile qui se termina par l’affaire de Glensshiel, le général Wade, chargé de pacifier les montagnes d'Ecosse, jugea qu’un des moyens les plus elficaces pour arriver à ce but était la transformation de quelques sentiers jusqu’alors h peine praticables, en belles routes militaires, qui ouvriraientdans tout le pays des communications libres et faciles.
Ces routes furent construites par les soldats, sous les ordres de Wade. L’une d’elles entre dans les montagnes à Crieff, près de Sterling ; une autre à
DK l’emploi des TBüUPES
DunkeUl, près de Pcrlli ; toutes les deux vont se réunir à Dulnacardoch justjn'à Delwhinuy , d’où parlonl deux embrancbciiients, dont l’un s’étend jusiju’au fort Auguste, construit aussi par les soldats, et l’autre jusqu’aux casernes de RulLwen dans le Loebaber, et de là à inverness. Ainsi furent détruites des positions qui avaient défié la valeur et la persévérance des Romains , ainsi devinrent accessibles aux troupes régulières du Gouvernement ces sauvages retraites qui pendant si long-temps avalent tenu lieu de forteresses aux insur* gV'S et servi de foyer à leurs réunions.
Les montagnards furent d'abord contrariés de cette innovation qui devait plus tard devenir très-avantageuse à leur commerce : l’exécution des travaux fait bonneur à la patience et à rbabilcté des troupes régulières; files ne reçurent qu’un léger sujiplémcnt de solde.
Les ouvrages exécutés par les troupes de la monarebie autriebienne méritent surtout notre attention. Le Génie militaire est seul chargé, enAulricbe, de diriger les travaux de l’Armée. A l’exception de deux routes faites par elle, à uneépoque déjà éloignée de nous, l’une en Croatie, et l’autre de Trieste àl’iume, ces ouvrages »ie concernent que les fortifications.
Al'X TIIAVAUS d'uTII.ITÉ PI^IILIQI'H. 4'ï
Sous Joseph II, des forlcresscs furent construites en lloliùmc par des soldats en congé qui coopéraient volontairement à ces travaux en concurrence avec les ouvriers civils; plus tard, l’emploi des troupes aux fortifications de Comorn et de Vienne devint obligatoire ; il en fut de même àPescbiera, à Plaisance, à Mantouc; j’ai vu, il y a quatre ans, plus de 1 0,000 hommes occupés à fortifier Vérone et Brescia, qui sont aujourd’hui dans un état complet de défense.
Les armes spéciales, affectées à la partie dillicilc des opérations, fournissaient les conducteurs et les chefsouvriers. Quant aux travailleurs, ils étaient pris dans les régiments d’infanterie cl des frontières, dans les bataillons de chasseurs et même de grenadiers.
Kn principe, et toutes les fois que les nécessités du service ne s’y opposent pas, des corps entiers ou des détachements régulièrement organisés, sont commandés pour travailler à la construction et à l'entretien des fortifications dans la divisrion territoriale où ils se trouvent casernés ou cantonnés; ils restent toujours sous le commandement de leurs oHiciers respectifs pour tout ce qui a rapport au service et au maintien de la discipline, et sont dirigés dans les ouvrages spéciaux par les troupes du Génie, qui, dans le cas de guerre, concourent avec e'ux à l’attaque et à'ia défense des |)laccs.