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mises à môme d’cpprécier mulucllcinenl leur valeur, apjirendroiilquel secours elles doivent attendre l’une de l’autre; alors les officiers-généraux s’entretiendront dansl’liaLitude du commandement; enfin nous verrons appliquer les combinaisons stratégiques, les simulacres de guerre qui ont lieu annuellement en Russie, en Autriche, en Prusse, en Sardaigne, à Naples, et chez d’autres puissances étonnées de nous servir d’exemple.
Que dis -je? si ces grandes réunions recevaient l'impulsion dont elles sont susceptibles , une ère nouvelle s’ouvrirait pour l’art militaire , que nous ne pouvons, sansdanger, laisser stationnaire, dans un moment où l’intelligence humaine fait faire des progrès à toutes les sciences; dans un moment surtout où l’usage des fusils rajés cl des fusils à percussion, ainsi que l’introduction de plusieurs autres chan- ' gemenls à l’armement cl à l’équipement des principales troupes de l'iiurupe, vont apporter des modifications essentielles dans leur constitution et dans leur lactique. Les camps, tels que je les conçois, auloienl pour but l’éducation autant que l’inslruction militaire; on y rendrait è leur véritable sens les mots d’honneur et de patriotisme trop souvenkJélournés de leur acception primitive: les Iroupci"'^ aéraient exercées alternativement à des marches forcées , à des
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exercices gymnastiques, et à tous les travaux relatifs à l’attaque aussi bien qu’à la défense des places; et, à l’aide de la vie guerrière, nous formerions des généraux, nous aurions une armée morale , diseiplinée, . manœuvrière, habituée aux privations et aux sacrifices, et pour laquelle tous les dévouements seraient ^ faciles.
A défaut de ces grandes écoles, que peut-être divers motifs doivent faire ajourner, les garnisons pourraient être utilement employées A l'entretien des ouvrages de défense, et particulièrement aux travaux de terrassement. De cctie manière, tl'es ne seraient ni privées de -leurs moyens d’instruction spéciale, ni distraites des habitudes du service. Enfin, et nous insistons sur ce point, leurs oHiciers respectifs n’auraient à abdiquer momentanément leur commandement que pour le confier à d’autres ofliciers Avec lesquels il est d’unvéritable intérêt que s’établisse cette confraternitéd’armes dont l’État profitera aux jours de eombat.
Lorsque j’ai posé en principe que les travaux relatifs à la défense du Pays devraient être réservés de préférence aux gens de guerre, je n’ai pas prétendu méconnaître les exceptions. Sans doute l’accroissement do la population , la facilité qu’ont aujourd’hui les ouvriers 'de se transporter d’un lieu dans un autre, la
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pcrlurbalion.que causerait dans celle classe inléressanle île la Société' l’emploi îles troupes à d’autres travaux que ceux des rorlincalioiis , l’inconvcnicnt qu’il pourrait y avoir à inleirompre les travaux de l’Année, soit pour la (çuerre, soit môme pour de simples démonstrations défensives; ces motifs réunis sont assi'zsérieux pour que l’tlal ne réclame le concours des soldats qu’avec beaucoup de réserve. Cependant il pourrait arriver que, dans un but de célérité et de sécurité , le Gouvernement eût à employer , dans des cas exceplionrels, les gens de guerre à ouvrir de nouvelles voies de communication. Peut-être, par exemple, pourrait-on les utiliser de la sorte en Corse, dans ce pays qui manque de roules , et où il reste encore à la civilisation plus d’une conquête à faire. Je crois que dans de telles circonstances l’emploi des soldats serait unemesurc légale-:'tout iléjvend du mode d’application. A<^ mon sens, l’aclLon militaire doit .toujours dominer la question; c'est-à-dire que si les troupes sont de nouveau chargées de ronslruire des rouies, elles doivent être amenées sur le leréain par leurs généraux, leurs colonels, et tous leurs olTiciers, et travailler en présence do leurs drapeaux et de leurs faisceaux d’armes. Alors il ne sera jamais fait vainement appel à leur dévouement.
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Par une conséquence do ce principe, c’est au Génie militaire que serait conGéc la direction des travaux. Ici j’ai hâte de déclarer que personne n’apprécie plus que moi la supériorité européenne de nos ingénieurs des ponts et chaussées; mais convaincu qu’il faut ahandonner un système mixte et bâtard, un système qui nuit à 1a discipline cl â l’harmonie militaires, je voudrais que l’administration des ponts et chaussées se ré servât snilemenl le tracé des roules, les achats de terrain, les plans, et lesopéralions préparatoires; laissant l’exécution aux officiers du Génie, auxquels ces occupations nouvelles demanderaient peut-être un complément d'études spéciales.
Je reconnais donc que la législation actuelle donne au gouvernement le droit d’imposer aux défenseurs du Pays toutes les obligations qui , dans des conditions militaires, ont pour objet évident l’inlérèl général : et sans songer à stipuler les indemnités que les troupes pourraient avoir â réclamer en raison d’un travail de celle nature, je laisse ce devoir à la sollicitude éclairée de l’autorité; car, selon moi, la question pécuniaire pour les individus , et la question d’économie pour l’État," sont ici d’une faible importance.
J’arrive à une proposition incidente, et qui a pourtant
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une grnvilé réelle : les compagnies auxquelles onl été ou seront concédées les lignes de chemins de fer et de canaux peuvent-elles espérer pour leurs entreprises la coopération, même volontaire, de nos soldats? En d’autres termes, la concurrence des gens de guerre et des ouvriers doit-clic s'établir au profit des spéculateurs ' pour la fixation du salaire des travailleurs? — Ma réponse ne laissera aucun doute sur mes convictions à cet égard. Je déclare que le Gouvernement n'a pas le droit de contraindre les troupes à des travaux d'une importance secondaire et dont il no se réserverait pas la direction absolue, .l’ajoute que si quelques corps ou portions de corps avaient l’intention d’accepter une telle .coopération, le Pouvoir, tant pour l’Armée, que pour le bien public, devrait formellement s’y refuser. Et en effet, indépendamment du danger- qu’il y aurait à enlever la majeure partie de la maind’œuvre aux ouvriers habituels, un motif d’un ordre jdiis élevé s’op|)ose é ce que nos soldats soient aux gages de spéculations privées. S’ils laissent à l’Etat le droit d’enchainer toutes leurs volontés, cette abnégation de l’intéi ét ‘personnel au profil des masses est quelque chose de noble dont ils peuvent s’enorgqcillir : mais leur dignité souffrirait une fatale al-
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teinte ilc toute dépendance qui ne serait pas expliquée [lar le dévouement au Pays. Mettons-les donc à l’abii de toutes les coiuLinaisons de l’industrie ; préservons, il y va de notre salut, préservons l’Année de cet esprit de calcul et d’agiotage , qui éloignerait d’elle la consi-dération publique et sociale.
Lne distinction toutefois doit être faite ici : en m’élevant contre l'emploi des corps collectifs é des entreprises d’utilité particulière, mon intention n’est pas d’envelopper dans la même proscription le travail individuel d’un certain nombre d’homme» autorisés par les chefs de corps, conforinément au règlement de i8.v5, sur le service intérieur. Les soldats, ainsi isolés, n'altèrent en rien, par les obligations qu’ils acceptent, lc‘ caractère militaire dont ils se dépouillent momentanément : et je ne demande à cet égard aucune modification aux règles en usage.
J’ai dit, au commencement de cet écrit, que les hommes demeurés fidèles au culte militaire et aux souvenirs de la gloire impériale, semblent appartenir à une époque déjà éloignée. Celte passion surannée est, je 1 avoue, restée la mienne, et cependant j’ai cherché à dominer des idées et des habitudes qui datent do mon berceau, pour examiner avec impartialité la question sur laquelle je viens de dire mon sentiment. '
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Le lecteur en sera juge, el il reconnallra, j'espère, que mon nllnclicmcnl à la carrière îles armes n’est pas à ce point exclusif el absolu qu’il diminue mon respect pour les autres professions. Ah! qu’on le sache bien, j’honore ces hommes généreux autant qu’habiles, qui, consacrant aux progrès dc^l’agriculture, de l’industrie, et du commerce, leurs études et leurs 'soins persévé rants, font pénétrer dans toutes les veines du corps so'-"' cial l'aisance et le bien-êlre. De tels hommes, je le proclame, sont pour le pavs de puissants instruments de gloire et de prospérité. Mais plus les biens dont nous leur sommes redevables sont précieux, plus il est nécessaire de les placer sous la garantie de troupes permanentes instruites et disciplinées. C’esldoncà une armée dotée de toutes les vertus mâles cl héroïques que la France, nation éminemment guerrière, doit demander l’affermissement de ses libertés, la conservation de. sa splendeur, et le maintien de sa prépondérance en Europe; car les peuples qui veulent être puissants cl respectés ne doivent jamais perdre de vue cette maxime favorite deFrédéric-le-Grand : Ce sont les épées nues, disait-il, çw contiennent dans /<? fourreau les épées ennemies.