OBSERVATIONS
I^age 14, ligne 10 ...
C est n une telle époque, c'est aux temps du despotisme et à l'aide des troupes mercenahvs, que furent entrepris les principaux ouvrages des légionnaires , etc....
Agricola fit établir quclqucschemins dans les Gaules; les légions de Gernianiciis construisirent des ponts et des chaussées au-delà du Rhin; Pàulinus Pompéius éleva une digue pour contenir ce fleuve ; Corbulon, à qui Claude défendait, par jalousie, de continuer la guerre contre les Germains, employa scs soldats à creuser, entre la Meuse et le Rhin, un canal de vingt-trois milles, afin de garantir les bâtiments de transport des caprices de l’Océan, etc., etc.
Il ne faut pas manquer de rappeler, après une telle énumération, < que presque toutes cos grandes constructions furent faites dans un but politique et mili-
OBSEnVATIOnS.
lairc , el jamais pour obtenir des économies dont aucun historien ne fait mention. Il est surtout indispensable de remarquer <jue les troupes se cumposuicnl alors : i" de mercenaires liés au service pour seize ou vingt années, et dont l’organisation toujours conoplète, par suite d’un état de guerre continuel , réunissait tous les moyens matériels de travail el de transports qui manquent babitiiellemcnl aux armées modernes; 2 ® de milices des frontières, Umitanœi, Ces colons
militaires devaient, ainsi que leurs enfants, servir riïtat en retour du fonds de terre qu’ils en recevaient Ce sont eux qui, avec le concours des populations locales, ont exécuté, par corvée , la plupart des voies romaines. Aussi Bergier, qui a écrit riiistoiro des grands chemins de l’Empire, dit- il dans son langage naïf et pittoresque : « Bref, nous pouuons conclure que ce n’osl
• pas vn royaume , \ne province ou région seule, qui
• a liuré dos gens iiour Iraiiailler à un si grand œuure:
• mais que toute l’Europe, l’Asie, et l’Afrique y ont mis
• la main : elque les plus grands et puissans royaumes iqui autrefois ont flory esililcs parties du Monde, s’y
• sont employez pendant qu’ils ont csl^sousmis à l’Em-
• pire. Ce qui ne se peut dire d’aucun autre buurage > (|ui soit ilans l’uniuers. >
lit. Il, *.)
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OOSbnVATIONS.
Page if), ligue i . ,
Sur les bords du lUdn , les légions d' Auguste se révoltent plusieurs Jois eontre leurs tribuns, et se plaignent hautement de ce qu'on leur donne la nature, et non des hommes à combattre, etc...
Bergier confirme celle asserlion de la manière ’suivanle : «£n ces ouurages les soldais Irauailloicnt auec
• la populace de cliacuhe région: et en estoient les vns
• et les antres en plusieurs endroits si fatiguez et si » rudement menez, qu’ils ont fait de grandes plaintes ,
• et quelquefois en sont entrez en des séditions et re-
• bellions ouuertesconlreCeux qui leur commandoient,
• comme il arriua sous l’empire d’Auguste, que les
• deux armées qu’il Icnoil sur le Rhin, chacune com-
• posée de quatre légions, s’élcuèrenl contre leurs pro-
• presTrihuns, leur reprochant duritiemoperum, vallum, t fossas; pabuli, materiœ, ligroruin adgestus ; et si quœ talia ex necessitate aut adversus otium castrorutn (i).v.
» Or, entre autres ouurages d’une peine et Irauail in-
GS
OBsenvATions.
• croyables, ccluy-cy en csloil l'vn , de faire de grandes
• chaussées. à Irauers les campagnes, les forosls, elles » lieux marcscageux, Iranclier des luonlagnes, applanir
• des collines , cl baslir des ponts sur de grandes ri-
• uières pour appointer les bouts desdilcs- ebaussées,
• elles conduire parles meilleures villes pour le passage » désarmées. Lessoldalslégionnairessc plaignoienlsou- » uenld’eslrè employez en Iclsouuragcs csquels do gens » de guerre ils esloient faits manouvriers, ou aides à ma-
• rons. Eldemandoicnl qu’on leur donnastdes hommes
• à combattre, et non pas des fléuucs rapides, despro- » fondes foresls, des montagnes pleines de rochers cl a des marais inespuisabics : cl disoient tout haut 'qu'ils
• n’esloicnt pas des Géants pour comballre la Nature, cl
• la forcer d’obéir contre son gré aux Empereurs et à a leurs Lieutenants. •
( liv. I, chap- x.)
Page 17, ligne |5.
Ia!S armées de Francs et de CheraUers étant restées constamment étran^èivs à des occupations qn' elles considéraient comme la marque du servage , nous n'avons jtoint a interroger leurs annales, etc.
■> OBSl-m \TIOi\S. (Ig
Les monuments gothiques, objets d’une admiration qui semble s’augmenter chaque jour, ces monuments, pour ainsi dire, interposés entre l’antiquité et les temps modernes, sont dus à une organisation féodale alora puissante en création, et qui constituait les gens de -guerre comme protecteurs des corvéables.
Charlemagne, ce grand prince qui savait faire plier tant de volontés à scs vastes desseins, avait conçu la pensée de joindre par des canaux le Rhin au Danube, et l’Océan au Pont Euxin, Ses troupes, levées en grande partie dans la Germanie, furent employées à cet ouvrage, qui déjà avait été conduit à deux mille pas , lorsque des éboulcments causés par les pluies , et le défaut des connaissances et des moyens qui depuis ont été acquis tirent abandonner cette utile entreprise.
Le canal commencé aurait fait communiquer ensemble l’Altinulli qui se jette dans le Danube, non loin de Ratisbonne, et la Re7.al de Souabc, nfllucnt de Regnilz dont les eaux se perdent dans le Mein.
UBSEnVAT105S.
Prfgc 36, ligne tlernitTC.
L* emploi des troupes h la construction des routes stta*
légiques de l'Ouest a été plus onéreux qu’avantageux à r administration , etc
L'n officier supérieur d'infanterie, témoin et surveillant des travaux exécutés sur une des routes straté-
giques de l'Ouest, établissait ainsi qu’il suit, dans la Sentinelle de L’AnuÉB (numéro du Q^ril i83G], par nature de dépenses, ce que coûtait par jour un soldat travailleur :
fr.
Pour efTeti du cAm|>cmf nt et de couebegr , »
Pour solde ranjenne de toiil grade* »
Pour trau«porU aux hôpitaux, > »
Pour dégradations à i'LabiUfmcQt, arniemeot, équipement, et coirTure, ^ * »
Pour pain, bois de cliaufTage, éclairage de corps-de-garde (transports extraordinaires), ^ »
Moyenne du prix de main-d'œuvre, t
lO
ao
aS
Total a 44
Cet ofTicicr supérieur alTirmc qu'on pourrait trouver iin ouvrier du pays à moins de i 5o
DifTérence à la charge du budget, » 94
ODSKm »TtOSS.
Ce chifTre, basé seulement sur une partie des routes stratégiques, serait sans doute susceptible de diminution, si le calcul embrassait la (otalilé des travaux; et cependant j’ai moi-mème démontré que , dans leur ensemble , les roules de la Vendée coûtaient plus û l’Étal que si elles eussent été faites par des ouvriers civils. Mais je pense que l’emploi de l'Armée à des ouvrages mi/itaiivs pourrait être i\ la fois avantageux au Trésor et favorable aux intérêts particuliers du soldat. Ce qui se passe en Afrique le prouve suffisamment.
P»ge 4 S, ligue i3. '
// e« est (le niante en Russie, oh /es so/tlats, coiulrits aux travaux en armes et par leurs chejs, conseivent toute leur organisation militaire, etc.
Les conditions politiques et militaires de notre pnvs n’ayant aucun rapport avec la situation de la Russie au temps de Pierre-le-grand , je me suis borné h rappeler l’emploi des troupes russes à des travaux récents. L'n fait historique d’une importance majeure mérite cependant d’être rappelé ici pour mémoire :
Après avoir perdu la bataille de iN'ervn, Pierre 1" fit
OBSEnVATlOSS.
travailler scs soldats aux canaux destinés ù joindre la mer Baltique, la mer Caspienne, cl le Pont-Euxin.
En 1702, il commenta le profond canal qui va du Tanaïsau Volga.
Page 40, ligoe ai. "
Àpris avoir interrogé sur le sujet qiU nous occupe les f aits accomplis . dans notre pays, voyons ce qui se passe citez les principales Puissances qui nous entourent, etc....
Si j'emprunte des exemples à l’Angleterre , à l’Au- Iriclie, et à la Russie sans parler de la Prusse , c’est que l’organisation militair« actuelle de ce pays est toute spéciale ; c’est parce que le soldat prussien ne reste dans les rangs de l’armée active que le temps nécessaire pour son instruction. En effet, sur les neuf années de scnice, il en passe trois dans l’armée active, / inien truppen ; trois dans la réserve, Landu'lter; et trois dans le second ban , Zweite aufgeboti On conçoit qu’une telle organisation ne se prête pas à l’emploi des troupes aux travaux civils.
A une époque où les institutions militaires de la
0B5KRVATI0>S.
Prusse étaient tout autres que île nos jours, les troupes lie cette monarchie ont exécuté le plus beau monument de fortification passagère dont l’iiistoire ait conservé le souvenir. Frédéric II, avec une armée de 56 à l^o mille hommes , campa à Buntzclwitz, au milieu môme de ses ennemis; il s’enferma dans un contour d’ouvrages détachés, entre les armées réunies de l’Autriche et delà Russie, fortes de 120,000 hommes. Trois jours lui suilireat pour la ponstruction de ce camp retranché.
Pa-e 57, ligne iB. ^
7\e i’oil-on pas à lu muiia/iv apparence de guerre s’accroilrc dans une proportion reinanpiuhle le nombre des enrôlés volontaires, etc..'.
Pour se convaincre que le nombre des enrOlcnienlâ volontaires augmente en proportion des chances de guerre, il sulTil de jeter Iqs yeux sur l’état ci-dessous :
£•1 !ors de U guerre d’Evpiigne, TArtnéc a reru ii,ooo eur. vol.
r>e i83o à 1^3 1 , Us oui Jêpj»sc U cUifire da i4,uua
Eli i83a, il y en a eu * ia,uoo
Depuis lors, ce chilTrc a sensiblement décru :
UD.SEnVATIONS.
Pour iS34* on oomple Pour i835,
Pour i836,
Pour xS3;,
4,t57 cor. toi.