PREFACE
La Rochefoucauld, la Bruyère et Duclos semblent avoir épuisé cette partie de la Morale qui a pour objet l'homme vivant en société, dans la Cour ou la Capitale. Mais quoique le fonds soit le même, l'homme se montre dans chaque siècle, sous chaque règne, avec des formes différentes. Les idées qui régnent dans le monde, l'accroissement des richesses et des jouissances, les progrès du luxe, la sévérité ou la foïblesse du gouvernement, l'empire ou l'anéantissement de quelques préjugés, la communication plus ou moins grande de la Cour avec la Ville, toutes ces circonstances apportent de grands changemens dans les mœurs d'une nation. Il y a des maladies qui disparoissent de la surface de la terre, tandis que d'autres viennent affliger l'humanité. Il en est de même dans le moral.