‹ Considérations sur l'esprit et les moeursChapitre 3 sur 67 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les ouvrages sont pour la plupart trop longs. On peut définir, diviser, lier, et le ciment tient plus de place que les pierres qui composent l'édifice. Il est des pensées, des maximes, qui peuvent jetter de la lumière sur un objet et qui ne comportent pas un grand cadre et l'appareil d'un traité. Les pensées détachées, lorsqu'elles sont bien expriynées, font plus d'ejj'et et se gravent ynieux dans la mémoire que si elles étaient noyées dans un chapitre. Elles réveillent l'attention du Lecteur et lui épargnent, ainsi qu'à l'Auteur de longs et inutiles circuits.

Tel à été mon but. Je ne parlerai point du style et des pensées : qu'importe au Public les règles que s'est faites un Auteur, et ses idées sur la composition, sur le beau, le vrai, ajustées à sa manière de sentir et à ses talens. Il s'agit d'instruire, de plaire, d'intéresser. L'Ouvrage est entre les mains du Lecteur, et il plaide mieux pour ou contre l'Auteur, que tous ses raisonnemens.

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