‹ Considérations sur l'esprit et les moeursChapitre 43 sur 67 · DE LA MARCHE DE L'ESPRIT · texte numérisé non relu

DE LA MARCHE DE L'ESPRIT

Le domaine de la pensée sera comme un vaste pays, dont la carte sera tracée sur une grande échelle, et dont les plus petites parties seront connues... Tout sera réduit alors en axiomes., en maximes constantes ; personne ne pourra échapper à la pénétration générale, etc.

Tout ceci est d'un pince sans-rire. Sénac a montré lui-même dans les deux Cousins l'incertitude des jugements moraux : « Les hommes sont-ils bons, sont-ils méchants ? — L'un et l'autre, répondit le Kalender, et la plupart ne sont ni l'un ni l'autre ; une des grandes sources d'erreur, c'est de se conduire avec eux comme s'ils étaient constants et conséquents... Nous sommes mobiles et nous jugeons des êtres mobiles !... );

Les symptômes, les pantomimes des passions seront indiqués, connus, leur accent sera noté, leur geste dessiné ; l'homme ainsi exposé aux yeux de tous sera comme une pendule à jour dont on voit tous les ressorts, dont l'œil suit tous les mouveriiens.

Mais Montaigne, Essais, m, 12. « C'est une foible garantie que la mine ; toutesfois elle a quelque considération : et si j'avois à les fouetter, ce seroit plus rudement les meschants qui desmentent et trahissent les promesses que nature leur avoit plantées au front.»

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