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3 Avari... reguum Dei non possidebunt. / Cor. VI, 10.
ribles accusateurs. Malheur dès la vie présente ! l'opproLre qui va s'attacher à leurs personnes sera leur premier châtiment.
Les railleries des mondains les suivront partout, et ils subiront le mépris continuel de ceux dont ils devaient se concilier les respects. Oui, fùt-il doué d'ailleurs de toutes les vertus, eût-il la piété, la chasteté, la sobriété, l'humilité, la science, qui décorent les pi'êtres les plus saints, le prêtre attaché à l'argent tombe par cela même dans l'avilissement; et, ce qui est souverainement injuste, mais souverainement funeste, par celte basse passion, il décrie non-seulement sa personne, mais son ministère même ; il fait calomnier jusqu'à la religion.
Le désintéressement nécessaire aux ministres saci-és doit éclater surtout à l'égard des rétributions attribuées aux diverses fonctions du ministère, que l'on appelle vulgairement le casuel.
Il serait à désirer que la grande maxime de Jésus-Christ , Donnez gratuitement , comme vous avez reçu ', put être stricte-
' Gratis accepistis; gialisdate. 3Jatth. x, 8.
ment et universellement observée par tous ses ministres. Mais leur modique revenu, rindiscrète importunité qui souvent exigerait d'eux des fonctions de surérogation, préjudiciables à leurs occupations essentielles, ont forcé TEglise à autoriser la perception d'honoraires particuliers pour divers actes du ministèi*e. En profitant , puisqu'il leur est permis, de cette condescendance, deux considérations doiventconstamment rester devant leurs yeux, l'esprit dans lequel ils sont tenus d'en jouir, l'usage qu'il leur est ordonne d'en faire.
En premier lieu, aucune vue d'intérêt ne doit souiller l'auguste exercice du ministère sacerdotal. Il est indigne d'un ministre du Très-Haut, non-seulement de se proposer pour prix de ses fonctions un gain sordide ', mais mcme de se laisser soupçonner d'ctre mu par ce vil motif.
Quelle proportion, en eflet, quel terme de comparaison peut-il y avoir entre des fonctions sacrées, et tous les biens temporels ? Et cependant, par une interversion de ])rin- ( ipes bien funeste, mais trop commune,
Non lurpis lucri ciipidniii. 7'/7. 1, 7.
<JOO CONSIDÉRATIONS
on voit des prêtres qui ne reçoivent pas la rétribution pour les fonctions, mais qui n'exercent les fonctions que pour la rétribution ; qui ne les estiment que selon le prix honteux qu'ils en retirent, en faisant 1 un criminel trafic, et prêts à les quitter si le salaire qu'ils en espéraient vient à leur manquer ' .
En second lieu, ce n'est pas assez d'apporter à la perfection du casuel une intention pure, il faut le recevoir dans des mains pures : ce qui bannit, et l'âpreté qui court après avidement, et la dureté qui l'exige impérieusement, et la cupidité qui le réclame excessivement. Des pauvres, le pasteur vertueux se défend de rien recevoir. Il serait douloureux pour lui de prendre sur le nécessaire de ceux qu'il se plaît à assister, et d'augmenter une misère que son bonheur, comme son devoir, est de soulager. Quant aux riches, il ne leur demande que ce qui lui est rigoureusement dû. Il se renferme strictement dans le taux fixé par les réglemens : ne se permettant de recevoir au-delà que ce qui lui est volontairement et librement offert.
* Sacerdotes ejus in mercede docebant. et prophetac ejus iu pecunia divinabant, Mich, m, ii.
SUR l'état ecclésiastique. 33 1