VOCATION
Auteur de la société humaine , Dieu l'a composée d'étals différens. C'est de leur variété et de leur réunion, que sa providence l'a formée. Si tous les individus avaient la même profession , il n'y aurait jjas de besoins et de services réciproques : il n'y aurait plus de société. S. Paul compare les membres du corps social à ceux du corps humain, qui, par leurs fonctions diverses, mais correspondantes , procurent au corps entier tous ses besoins '. En formant les états pour la société , et les hommes pour les états. Dieu a voulu que chaque homme
' Si totum corpus oculusj ubi aiulitus ? si totuin auditus, ubi odoralus? Niinc autcin posait Deus niembra, unumcpiodcpic coruni in corporc sicut voluit. Quod si cssenl ouinia unuin uicmbrum, ubi corpus? Nunc antcm muha quidcui mcnibra, unum autem corpus. I Cor. xii, 17, -20.
3o CONSIDÉRATIONS
embrassât un état, en remplît les obligations , et concourût ainsi pour sa part au bien commun. De même que dans l'ordre pliysique, sa sagesse a déterminé la place que chaque portion de matière occuperait pai'mi l'universalité des créatures ; de même, dans l'ordre social, sa providence a fixé l'emploi pour lequel elle faisait naître chaque homme. Elle a distribué ses dons relativement à celte destination. Elle a donné à chacun les talens, les inclinations, les qualités propres à l'état qu'elle lui assignait. Elle lui a préparé les grâces analogues à cet état, qui lui en fissent remplir les obligations, surmonter les difficultés, éviter les dangers '. C'est cette disposition particulière, cette destination individuelle de chacun de nous que nous appelons vocation.
Il n'y a donc rien de plus important que de se conformer à cet égard à la volonté de Dieu, et d'embrasser l'état auquel il nous appelle. Pour élever l'édifice, il faut commencer par en assurer le fondement.
'■ Unusquisque propriura donuni habet ex Deo ; alius quidem sic, alius vero sic. 1 Cor, vu, 7.
SUR l'état ecclésiastique. 3i
Oui de nous n'a pas éprouvé que dans toute affaire la première démavclie est presque toujours celle qui influe le plus sur le bon ou le mauvais succès? ]N 'y aurait-il que l'affaire du salut qui en fût exceptée:' Dans le pèlerinage de cette vie, comme dans tout voyage, le premier pas est celui qui met sur la bonne voie, ou qui en détourne '.
Mais quand on pourrait imaginer que la vocation de Dieu n'est pas nécessaire pour les autres états ; qu'il en abandonne le choix au caprice des hommes ; qu'il permet à chacun de s'y ingérer arbitrairement ; ce serait encore une idée déraisonnable de lui refuser le choix de ses ministres; de lui contester le droit de donner des pasteurs à son troupeau ; de lui disputer la nomination de ceux à qui il confie ses intérêts. Qui oserait s'immiscer dans la régie des affaires du plus mince particulier, sans
' Unumquemque sicut vocav'iL Bcus, ila ambulet. / Cor. VII, 17.
Obsccri) itaquc vos ego vlncliis in Domino, ut digne ambulclis vocalionc qua vocali cslis. J''i>lt-