‹ Considérations sur l'état ecclésiastiqueChapitre 4 sur 19 · IS. XXX · texte numérisé non relu

IS. XXX

Falso proplietse vaticinantur in nomine meo : non misi eos, et non prœcepi eis, neque locutus su m ad eos visionemmcndacem et divinationem, et fraudulentiam, et seductionem cordis sui prophetant vobis. Idcirco liœc dicit Dominus de prophetis qui prophetant in nomine meo, quos ego non

misi In gladio et famé consumeutur prophetœ

illi. Jerem. xiv, i4, i5.

Fili hominis, vaticiuare ad prophetas Israël, qui

Ecoutez le divin Sauveur, déclarant que toute plantation qui n'aura pas été mise en terre par le Père céleste, sera arracliée '.

Entre le sacrement de l'ordre et les autres, il y a cette différence : on doit désirer ceux-ci, mais redouter celui-là. Il est bon de solliciter les uns : il est nécessaire d'attendre qu'on soit choisi pour l'autre. Ils étaient vivement pénétrés de cette vérité, tous les saints évèques, tous les prêtres pieuXj dont nous révérons les exemples.

Saisis de frayeur à la vue du ministère sacré, tremblans toujours de n'y pas être

prophetanl ; et dices proplictanlibus de corde siio : Auditevcrbum Doniini : hœc dicit DominusDeus : Vaeproplielis insipicutibus, qui scqiumturspirituin suum, et nihil vident.... Vident vana, et divinant mendacium , dicentes : Ait Donilnns; cum Domi-

nus non miserit eos Propterea lia;c dicit Domi-

pus Dcus : Quia locuti estis vano, et vldislis mendacium, idco ecce ego ad vos, dicit Doniinus Deus: eteritnianus niea super propliclasqui vident vana et divinant mendacikini. Ezcch. xiii, i et seq.

Ipsi rcgnaverunt, et non ex uie : principes cxtiterunl, et non cognovi.... Iratus est furor meus in eos. Osce, vu:, 4) -'*•

' Omnis planlatio, quani non plantavit Paliv nwus cœlestis, eradicabitur. Matth. xv^ i3.

^6 CONSIDÉRATiOAS

suffisamment appelés, non-seulement ils ne présentaient pas leurs épaules à ce redoutable fardeau, mais ils employaient toute leur force et leur adresse, à s'y soustraire. Et quels étaient-ils ces hommes si timides, que le sentiment de leur indignité portait à fuir l'honneur sacerdotal ? C'étaient précisément ceux qui en étaient les plus dignes. C'étaient spécialement ces grands docteurs, dont les vives lumières ont éclairé tous les siècles de l'Eglise. C'était un Ambroise, qu'il fallut violenter pour le faire consentir à sa consécration. C'était un Jérôme, ordonné par S. Paulin malgré lui, et menaçant de ne pas suivre les règles de l'Eglise. C'était un Augustin, fondant en larmes à son ordination, et persuadé qu'elle était la punition de ses péchés. C'était un Grégoire, s'enfuyant déguisé pour ne pas être souverain pontife, etdécouvert comme par miracle. C'étaient, disons-le en un mot, tout ce qu'il y a eu 'de saints dans l'ordre sacré. Pai-courez les fastes de l'Eglise : parmi tous ceux qu'elle honore, vous n'en trouverez aucun qui se soit ingéré de lui-même dans

SUR l'état ecclésiastique. 47

le redoutable ministère de la conduite des âmes.

Ils sont maintenant bien loin de nous, ces temps heureux. On ne craint plus le redoutable honneur du sacerdoce ; on l'ambitionne : on ne le refuse plus; on le sollicite : on ne s'occupe plus des moyens de s'y soustraire ; on cherche, on multiplie les moyens de l'obtenir : on ne se lamente plus d'y être admis ; on éclate en plaintes quand on en est repoussé. La barrière sacrée élevée autour du sanctuaire, pour en éloigner les indignes, est forcée de tous les côtés. Si, lorsqu'au pied de l'autel sont rassemblés de nouveaux ordinands pour recevoir l'onction sainte. Dieu du fond de son tabernacle daignait inspirer le pontife prêt à leur imposer les mains, ainsi qu'autrefois il inspira Samuel, combien en estil dont le ministre sacré dirait, comme le Prophète : Ce n'est pas celui-là que le Soigneur a choisi ! Quelquefois même ne ferait-il pas retentir cette autre terrible vérité :LeSeigneur n'a choisi aucun de ceux-ci'.

' Non hune clegll Doniinus... Non clcgit Dominus ex islis.I/{c'g. xvi, y, lo.

C'est donc un devoir essentiel, d'examiner avec le soin le plus attentif, avant d'entrer dans l'état ecclésiastique, si on y est légitimement appelé. Ne vous conduisez pas imprudemment, dit le grand Apôtre : mais connaissez quelle est la volonté de Dieu'. Ce principe général de toutes nos actions doit plus particulièrement encore régler celle dont toutes les autres vont dépendre. Deux considérations principales doivent nous faire apporter à cette importante rechei'che l'attention la plus profonde et la plus soutenue : ce sont la facilité de se tromper, le danger de se tromper. 11 n'y a aucune circonstance de la vie où les causes de l'erreur soient plus multipliées, où les conséquences de l'erreur soient plus funestes.

Il est aisé de tomber dans l'erreur sur sa vocation : mais il est possible de s'en préserver. En nous ordonnant d'obtempérer à sa volonté, Dieu nous donne des moyens certains de la connaître. En nous appelant dans la route par laquelle il veut

* Nolite fieri imprudentes : sed intelligentes quae sil volontas Dei. Ephes. v, 17.

SDR l'étAt ecclésiastique. 49

nous sauver, il nous fait reconnaître sa voix , et nous donne des marques par lesquelles nous la distinguerons avec assurance des voix mensongères qui nous attirent dans les chemins de la perdition. Les signes par lesquels il nous notifie la destination au service de ses autels, sont de divers geni*es. Il y en a d'internes et d'externes , de positifs et de négatifs ; c'est-à-dire, des signes auxquels on connaît qu'on est légitimement appelé, et d'autres auxquels on doit juger qu'on ne l'est pas véritablement. Nous croyons qu'on peut les rapporter tous à cinq cliefs principaux : rinnocence de la vie, la pureté d'intention, le goût de l'état, l'aptitude aux fonctions, le choix de l'évêque.

Seigneur, demande le roi-prophète, qui est-ce qui habitera dans votie tabernacle ? quel est celui qui se reposera sur votre montagne sainte? Ce sera, répond-il, celui dont les mains sont innocentes, et dont le cœur est pur '. Dans ses beaux jours, l'E-

' Domine, quis habilabit in tabcmaculo tuo? aut quis rcquicscct in monte sancto tuo? Innoccns manibiis et mundo corc*c. /•'5. xiv, i; xxiii,4-

glise n'ouvrait la porte du sanctuaire qu'à c€ux qu'elle voyait munis de l'innocence baptismale. Ses canons repoussaient ceux qui étaient connus pour avoir eu besoin de la l'ëparer. Les fidèles de ces heureux temps n'auraient pas reconnu sans étonnement, et sans scandale, dans les fonctions du saint ministère, l'homme qu'ils auraient vu précédemment dans les exercices de la pénitence. Ils jugeaient indigne de leur appliquer les moyens de réconciliation, celui qui avait eu besoin qu'on les appliquât à lui-même. Les malheurs de l'Eglise l'ont contrainte de se relâcher de sa discipline primitive. L'antique sévérité de ses canons a été forcée de plier sous le poids de cet énorme monceau de vices qui se sont accumulés sur la terre. Ce n'est pas l'Eglise qui est changée : c'est nous qui le sommes. Ses règles ne sont plus aussi rigoureuses : mais son esprit est toujours le même. Elle ne veut, elle ne peut vouloir introduire dans le sanctuaire que l'innocence : et si elle y admet maintenant l'innocence réparée, elle exige qu'elle soit entièrement réparée. Elle ordonne que les péchés dont on a pu se

suK l'état ecclésiastique, 5i

rendre coupable soient non-seulement; i"emis, mais expiés; non-seulement abolis par une sincère contrition, mais totalement effacés par une longue et austère pénitence. Gardez-Yous donc d'avancer vers ce îiaut degré d'honneur, vous que vos fautes toutes récentes doivent encore tenir humblement courbés dans les pratiques laborieuses de la satisfaction. N'ayez pas la témérité de vous élancer d'un saut du tribunal à l'autel ; et quoique les plaies de votre âme soient guéries, ne la présentez pas défigurée encore de ses cicatrices.

Avec la pureté de la conscience, il est encore nécessaire d'apporter au sacrement de l'ordre la pureté de l'intention. Votre œil, dit le Sauveur, est le flambeau de votre corps. S'il est simple et pur, tout votre corps sera éclairé : s'il est mauvais, votre corps sera ténébreux. Prenez donc garde, ajoute-t-il, que la lumière qui est on vous ne soit elle-même de vraies ténèbres'. L'œil, selon S. Augustin, cxpll-

' Lticerna corporis lui est oculiis tuiis. Si oculus tuus fuerit siinplcx, totum corpus luum lucidiim ci'lt; si aulcm iicquain fuerit, cliam corpus

quant cette parabole, est l'intention : le coi'ps est la suite de la vie, l'ensemble des actions. Aux yeux de celui qui pénètre jusqu'au fond des cœurs, et devant qui les pensées les plus secrètes sont à découvert, c'est l'intention qui rend les actions brillantes de clarté on noircies d'une ténébreuse obscurité qui en fait le mérite ou le démérite. L'intention simple et droite les rend bonnes et agréables à Dieu : l'intention vicieuse les rend perverses et réprouvées. Ce n'est que de la source pure que coident les eaux limpides : la fontaine fangeuse ne peut donner que deseaux infectes. L'intention saine et droite nécessaire jDOur toutes nos actions, l'est encore plus, s'il est possible, pour l'action qui influe sur toutes les autres. Elle est la condition indispensable de l'entrée dans le saint ministèïe. Elle est donc un des principaux caractères auxquels on peut reconnaître si on est, ou si on n'est pas légitimement appelé. Mais quelle est cette pure intention devant la-

tuum tenebrosum crit. Vide ergo ne lumen, quod in le est, tenehrœ sint. Luc. xi, 34, 35.

SUR l'état ecclésiastique. 53

quelle doivent s'ouvrir les portes du sanctuaire? Que celui qui voudrait en douter contemple Jésus-Christ. La gloire de Dieu, le salut des âmes, voilà les seuls objets qu'a eu en vue le Prince des pasteurs ; voilà les seuls que doivent se proposer ceux qui lui succèdent dans son ministère. Tout motif étranger est un motif vicieux. Ce n'est pas seulement un feu profane, c'est un feu criminel qu'on apporte à l'autel. 11 se déclare indigne du ministère sacré, celui qui recherche, non l'œuvre du ministère, mais l'honneur du ministère ; celui que n'amène pas la piété, mais que pousse la cupidité. Qu'ils restent toute leur vie dans l'ordre des laïcs, qu'ils y recherchent les richesses, qu'ils y poursuivent des dignités, qu'ils s'y livrent à l'oisiveté et à la mollesse, ceux que meuvent ces terrestres et vils désirs. Mais hélas ! combien de personnes celte loi si juste, si salutaire, si nécessaire, va exclure de hi tribu saiute! Il a ])énélré jusque parmi les ministères sacrés, celégoïsine que l'Apôtre déplorait dans les simples fidèles. Tous cherchent leurs propres Intércls, et non

ceux (le Jésus-Christ'. On considère dans l'état ecclésiastique les avantages, et non les obligations. On y désire, non le bien spirituel qu'on procurera, mais le bien temporel qu'on retirera. Les imprudens ! ignorent-ils, ou ne réflécliissent-ils pas, que ces méprisables objets de leur cupidité sont, non les avantages, mais les dangers Je l'état. Dieu, dans sa profonde sagesse, et par un équitable jugement, récompense, et punit souvent les hommes par l'accomplissement de leurs désirs. Ceux qui aspirent aux biens célestes, il les en gratifie : répandant sur leurs pieux travaux ses abondantes bénédictions, il fait fructifier leur ministère, et les conduit, avec les âmes qu'ils ont sanctifiées, à réternelle félicité. Ceux qui ne soupirent qu'après les biens terrestres, Dieu permet souvent qu'ils les acquièrent; mais il le permet dans sa colère. Ils les obtiendront peut-être ces dangereux objets de leurs désirs, mais ce sera ])Our en abuser ; pour en jouir dans l'esprit

' Omiies enim quBe sua suiit quœrunt. non quse sunt Jesu Christi. Philipp. u, 21.

suK l'état ecclésiastique. 55

avec lequel ils les auront souhaités ; pour étaler leur luxe par les richesses; pour déployer leur orgueil dans les dignités; pour s'avilir dans ce monde, et se damner dans l'autre.

Dans tout état on ne fait bien que ce qu'on aime à faire. Comment s'acquittera des fonctions multipliées et pénibles du. saint ministère, celui qui ne sera pas soutenu dans leur exercice par une haute idée de leur importance, par un respect profond pour son sacerdoce , jiar un vif désir d'en remplir les devoirs? On regarde en conséquence comme une des marques de vocation aux fonctions ecclésiastiques, le goût que l'on en ressent. Mais comme ce sentiment est sujet à illusion, comme il est, de même que tous les autres, aussi propre à égarer qu'à bien diriger, il semble que. pour s'exprimer avec exactitude, il fauJ dijc seuicment que le défaut de celte iueîination, l'éloignement, le dégoût des fonctions ecclésiastiques, sont des marques certaines qu'on n'est [)as appelé tle DitMi à les exercer.

Ce n'est pas d'avoir été établis minisires

du Nouveau-Testament, que les Apôtres se félicitent, c'est d'avoir été rendus capables de ce ministère '. 11 n'y a pas une profession qui n'impose quelques fonctions à remplir ; pas une fonction qui n'exige quelque talent pour s'en acquitter. Les fonctions les plus saintes de leur nature, les plus importantes par leur objet, les plus variées dans leur multiplicité, les plus difficiles dans leur exercice, seraient- elles donc exceptées de la règle commune ? Dieu dispenserait-il ceux qu'il appelle à le servir dans son auguste et pénible ministère, de ce qu'il ordonne à ceux qu'il distribue dans tous les autres états? On serait tenté d'en juger ainsi, si Ton ne considérait que ces déplorables destinations de famille qui sont, et on le sait trop bien, l'unique motif et le seul titre d'un grand nombre de vocations. Un enfant offre-t-il quelque dilTormité corporelle, annonce-t-il peu d'intelligence, c'est celui-là que l'on réserve pour l'état ecclésiastique. On le jette

' Idoneos nos fecit miaistros Novi Testamenti. // Cor. m, 6.

dans le sanctuaire, comme un être inutile, inepte à toute autre chose. Des fardeaux des familles, on veut faire les soutiens de l'Eglise. Il ne faut pas cependant imaginer qu'en demandant de la capacité, le ministère ecclésiastique exige de tous ceux qu'il adniet ces talens brillans, qui excitent l'admiration des hommes. Tous les ministres de l'autel ne peuvent pas être des Cyprien, des Ambroise, des Chrysostôme, des Jérôme, des Augustin. 11 y a diverses espèces de talens; il y en a de différentes mesures. Celui qui les distribue les varie et les gradue, selon les vues de sa sagesse. 11 répartit à chacun son propre don ; à l'un celui-ci, à l'autre celui-là'. Nous voyons dans l'Evangile le maître de la maison, symbole du Maître suprême de l'univers, confier à ses serviteurs ses talens dans une proportion différente. 11 en remet cinq à l'un, deux à l'autre, un seul à un troisième ^ Ainsi que les capacités, les fonc-

' Umisqiiisquc propriuiii douiim habct ex De» : aliiis quldem sic, aliiis vcro sic. / Cor. vu, 7. * Dni dcdil quinquc talcuta : alii aulciii di'.o,

lions sont difl'érentes : et la Sagesse suprême Ta ainsi ordonné , pour adapter les unes aux autres. Elle orne de tout réclat de l'éloquence ceux qu'elle élèvera dans les chaires , pour annoncer ses vérités aux grands et aux puissans du siècle. Elle doue de dons moins éclatans ceux qu'elle destine à instruire familièrement les hommes simples et les enfans. Elle l'evèt de la prudence et du discernement, ceux qu'elle placera sur le tribunal sacré, pour lier ou délier les consciences. Elle verse la science dans ceux qu'elle suscite pour défendre ses dogmes, pour traiter sa morale. Elle inspire l'esprit de sagesse à ceux qu'elle établit pour régir les paroisses. Il doit se reconnaître incapable des fonctions saintes, celui qui ne se sent pas doué par la Providence au moins de quelqu'un de ces talens indispensablement nécessaires. Il peut sans les avoir se sanctifier dans l'ordre commun : il se perdra dans l'ordre sacré, s'il ne les y porte pas.

alii vero unum, unicuique seciindum propriam virtutem. Matth. xxv, i5.

A ces conditions, à ces marques de vocation, qui sont internes, et cacîiées dans l'intérieur de la conscience, il faut ajouter une autre également nécessaire : le choix de Dieu extérieurement manifesté. Ce n'est pas le courage seul qui donne des chefs aux légions; ce n'est pas l'équilé seule qui élève sur les tribunaux; ce n'est pas la capacité seule qui met les administrateurs à la tête des affaires. Il faut être choisi par le souverain pour exercer ces divers emplois. Il en est de même du royaume de Dieu. Les vertus nécessaires pour en êtr« fait ministre ne sont pas suffisantes : il faut être député à celte charge par le souverain Maître qu'on doit représenter. Pour faire connaître à cet égard sa volonté, il emploie deux sortes de moyens. Quelquefois il appelle au service de ses autels immédiatement, et par sa propre voix. Ainsi, dans l'ancienne loi, il appela Aaron, Samuel et les Prophètes. Ainsi , dans la nouvelle, Jésus-Christ a appelé ses Apôtres. Ainsi l'Esprit saint ordonna de séparer Saul et Barnabe pour l'œuvre dont il les chargeait'. ' Minislrantil)us autcni illis Domino, ol jojriTJiiu

6o CONSIDÉRATIONS

Ainsi fut oi'donné Timothée, d'après les pioplîéties rendues sur lui précédemment'. Mais la Sagesse suprême n'aime pas à prodiguer les actes de sa toute-puissance. De même qu'elle régit cet univers par les causes secondes créées par elle avec le monde, n'employant que rarement les miracles ; de même elle gouverne son autre ouvrage, son Eglise, par les chefs qu'elle a institués en la fondant : et elle n'y exerce son influence extérieure et directe que dans quelques actions où elle le juge nécessaire. En employant ces moyens extraordinaires, elle nous montre quelquefois ce qu'elle peut : mais c'est par ses voix communes que, pour l'ordinaire, elle nous fait connaître ce qu'elle veut. C'est par l'oi'gane des premiei's pasteurs qu'il a mis à la tête des diocèses, que Dieu fait entendre la voix par laquelle il appelle à son ministère.

tibus, dixit illis Spiritus sancUis : Segregate mihi Saulum et Barnabam iu opus ad quod assurapsi eos. Act. xiii, 2.

' Hocprœceptum coramcndo tibi, fili Tiinothee, secundum piœcedentes in te piopbetias, ut milites in illis militiam bonain. I Tinioih. i, 18.

SUR l'étAt ecclésiastique. 6l

C'est l'intendant placé à la tête de ses affaires^ que le maître de la vigne ctarge d'appeler ses ouvriers ' : et le cliois de l'évêque devient le choix de Dieu. Mais l'évêque lui-même, à raison de la multiplicité de ses occupations, ne pouvant pas prendre une connaissance personnelle de tous les sujets, est obligé de se décharger sur des ministres inférieurs, du soin d'examiner ceux qui ont les qualités propres à être consacrés au Seigneur. Ce sont les supérieurs des séminaires, chargés de former à la piété et à la science^ les Jeunes élèves, qui sont témoins et juges de leurs progrès dans l'une et l'autre, que les évêques consultent ordinairement sur cette partie si importante et si délicate de leurs fonctions. La présentation du supérieur, l'agrément de l'évêque , sont des préalables indispensables de l'admission au sacerdoce , et des signes qu'on y est véritablement appçh'.

Cette dernière marque de vocation, étant

' Dicit Dominus vineae procxiralorl suo : Voca opcrarios. Mattli. xx, 8.

Page 1