‹ Considérations sur l'hémoglobinurie et les hémoglobinuries BrightiquesChapitre 10 sur 14 · FO · texte numérisé non relu

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ment ainsi l'urine des animaux malades de celle des carnivores ; que les sels de chaux diminuent dans le liquide et disparaissent dans le sédiment ; que la graisse libre et les cylindres augmentent et apparaissent aux alentours de la défervescence; enfin que l'affection paraît être une hémoglobinurie plutôt qu'une hématurie véritable.

Il ne sera pas inutile de rappeler que chez d’autres animaux on a observé des faits analogues. M. H. Wolff a présenté à la Société de médecine vétérinaire (novembre 1881) l'histoire d’une jument qui succomba à un refroidissement intense et dont l'urine était rouge brun, légèrement acide et, avec une densité de 1042, renfermait des globules sanguins déformés, des cylindres épithéliaux, de l’albumine et des matières colorantes de la bile. À l’autopsie, on constata une forte congestion des organes viscéraux; les reins avaient la grosseur de la tête d’un homme; ils étaient friables, surtout dans leur région corticale.

Dans les hivers rigoureux, les animaux, sauvages ont de l'hématurie et laissent des traces de sang sur la neige; mais on a essayé d’attribuer cette hématurie à la grande quantité de tannin qu’'absorbent ces animaux quand la neige les prive de toute autre nourriture que l’écorce des arbres et les bourgeons ; l’hématurie ne serait qu’un mal de Brou et elle cesserait dès qu'on distribue au gibier des aliments de bonne nature. Ce qui tend à prouver la véracité de cette assertion, c'est que dans les pays où abondent les sapins, le gibier se nourrit d’aiguilles de pins qui, fort riches en térébenthine, provoquent rapidement de l’hématurie et de la néphrite albumineuse. La nourriture avec les bourgeons conduit aux mêmes accidents, non tant à cause du tannin qu'en raison des matières gommo-résineuses que ceux-ci renferment en abondance (Albert Robin).

Enfin nous avons vu plus haut que Babès a étudié une affection du bœuf, épidémique, commune en Roumanie et qu’il appelle hémoglobinurie bactérienne. L’auteur a constamment trouvé au cours de cette affection une bactérie qu'il considère comment l'agent pathogène de la m2 adie; cependant, il faut remarquer qu'inoculée au bœuf, la bac!: ie ne reproduit pas la maladie.

“a résumé, nous dirons que l'hémoglobinurie n’est pas spéciale à l''omme ; on la renco:tre aussi dans le bétail ét chez les autres animaux. Elle paraît produite chez le bœuf par unebactérie spécifique

Anatomie pathologique.

L'anatomie pathologique de l’hémoglobinurie est encore assez peu connue. Les examens anatomiques se rapportent surtout à des cas d’hémoglobinurie expérimentale.

En dehors des hémoglobinuries expérimentales, on ne possède guère que deux cas d'examen anatomique, dus, l’un à notre maître, M. Albert Robin, l'autre à M. le Professeur Dieulafoy.

Dans le premier cas, il s'agit de cette malade dont nous avons plus haut rapporté l'observation complète avec l'examen histologique fait par M. le Professeur Renaut. La malade, atteinte d’une vieille néphrite interstitielle, était morte de pneumonie compliquée d'accès d’hémoglobinurie non paroxystique. A l’autopsie, on trouva une congestion rénale intense et généralisée dont le maximum correspondait à la périphérie des pyramides. Au microscope, M. le Professeur Renaut constata une néphrite interstitielle de cause artérioscléreuse ; sur cette lésion chronique avait évolué un œdème aigu congestif. Cet œdème s'était produit par îlots ; dans ses limites, de nombreux globules blancs avaient envahi le tissu conjonctif séparant les tubuli. Ces globules blancs étaient vivants, actifs. Nombre de glomérules montraient leurs anses vasculaires gorgées de globules blanes et certains tubes de Henle en étaient remplis. Pour rappeler l'expression si juste de l’auteur, ce rein déjà lésé par la néphrite interstitielle chronique, avait été annulé par un coup d'œdème aigu congestif, procédant à la façon de celui qui constitue la lésion rénale type de la scarlatine.

Dans le cas de M. le Professeur Dieulafoy, il s'agissait d'une femme morte en plein accès d'hémoglobinurie. À l’autopsie, on trouva des reins présentant une couleur sépia très marquée dans toute la substance corticale.

Au microscope, les glomérules étaient indemnes, les cellules trou-

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