‹ Considérations sur l'histoireChapitre 12 sur 143 · Max Duneker, Histoire de VA ntiquilr · texte numérisé non relu

Max Duneker, Histoire de VA ntiquilr

»0 CONSIDÉRATIONS Sl'R L'HISTOIRE.

pieds, avait uue longueur de douze à quinze milles allemands ; les murs de Babylone, sur un périmètre de huit à neuf milles, mesuraient cent ou deux cents pieds d'élévation et quatre-vingt-deux pieds de largeur. Cependant Ninive tomba, elle dut sa chute au Tigre comme Babylone dut la sienne à l’Euphrate détourné par l’ennemi.

Ces murailles prodigieuses disent assez sous quelle loi a vécu l’Orient, Les arts manuels y ont fleuri, le commerce y a prospéré, le luxe y a pris des proportions qui ont rendu l’Asie proverbiale; mais tout cela n’a vécu, n’a grandi que soès l’égide de la force et toujours exposé à des coups de force. La conquête, d’un mot, a gouverné, et l'Orient n'a eu d’autre appétit que celui des conquêtes.

Les grands conquérants sont ses représentants, ceux dont les bas-reliefs nous racontent les exploits , ceux qui brillent dans la tradition et qui font seuls les frais des annales de pierre ou de papyrus. Il n’y a qu’eux ; il ne pouvait y avoir qu’eux. L’Orient, c'est Sémiramis, Minus, Cyrus, Rhamsès, Nabucbodonosor, — ce sera quelque jour Omar, Gengiskhau, Tamerlan.

Dans les bas-reliefs de Ninive nous ne voyons que prisonniers qui délilent, villes prises d’assaut, maisons in- , cendiées et pillées, archers bandant leurs arcs, guerriers, chefs et rois sur leurs chars, vainqueurs coupant des têtes, greffiers qui les enregistrent avec soin en présence du roi ou du chef, afin d’évaluer au plus juste les pertes de l'ennemi. « A peine le bélier avait-il fait brèche, dit M. La yard, et l’assaut avait-il commencé, les femmes apparaissaient sur les remparts et, s’arrachant les cheveux, étendant leurs mains suppliantes, demandaient grâce. 11 n'est pas rare que les hommes soient représen-

L'ORiE.rr.

tés avec elles implorant le pardon du vainqueur. Lorsque les assiégeants s’étaient reiulus maîtres de la place, un massacre général paraît avoir eu lieu et la ville communément était livrée aux flammes. » Enfants et femmes étaient entraînés comme du bétail, des populations entières transportées comme colons dans une possession éloignée. « II est très-probable que daus la plupart des cas, comme nous le savons des Israélites sous Salmanassar, le peuple arraché à ses foyers n’était pas transféré dans une contrée unique, mais qu’on le partageait, ce qui réduisait le danger autant que possible. Le livre d'Iisra nous apprend comment ces colonies étaient organisées *. »

Les bas-reliefs retrouvés dans les fouilles de Ninive sont un commentaire parlant de ces dramatiques paroles d’Ézéchiel :

« Car ainsi a dit ie Seigneur l’Éternel : voici je vais faire venir de l'aquilon Nébucaduezar, roi de Babylone, le roi dos rois, contre Tyr, avec des chevaux, et des cliariots, et des gens de cheval, et un grand peuple assemblé de toutes parts.

« IL passera au fil de l’épée les villes de tou ressort; il élèvera des forts contre toi, et dressera des terrasses contre toi, et lèvera le bouclier contre toi.

« Et il posera ses machines de guerre contre les murailles, et démolira tes tours avec scs marteaux.

« La poussière do ses chevaux te couvrira, à cause de leur multitude; tes murailles trembleront du bruit de la cavalerie, des charrettes et des chariots, quand il entrera

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