‹ Considérations sur l'histoireChapitre 121 sur 143 · Virgile, trad. Lefèvre · texte numérisé non relu

Virgile, trad. Lefèvre

qualités s'excluent, ne demandons pas au bronze la fluidité mobile du vif-argent, Di l’élasticité d’esprit à la rigidité du caractère, au rationalisme utilitaire le grand vol des idées et le libre jeu de la fantaisie créatrice. Le Romain a conquis la terre parce qu’il n’a cessé de toucher terre, et que s’il a été dur aux autres il a commencé par l’être à soi-même. Faut-il chercher chez lui le modèle des vertus républicaines ainsi qu’on nous l’a enseigné? Il est évident que Montesquieu pensait aux Romains lorsqu'il écrivit que le gouvernement républicain a pour fondement la vertu. Mais de quelle vertu s’agit-il ici? de la vertu au sens latin du mot où rirlus, qui signifie à la fois courage et vertu, vient de t’ir d’où vient virilité. Si les qualités viriles sont celles qui font le républicain, les Romains Rirent les républicains par excellence, car nul peuple n’en a donné à ce point l'exemple. Si le républicain est avant tout l’homme du droit pour tous, aucun peuple ne’ fut moins républicain que le peuple de Caton et de César. Mais le républicain ne peut se passer de caractère, de volonté forte et soutenue au service de la liberté. Le Romain a possédé le caractère républicain, il n’a pas connu l’esprit républicain ignoré de l’ancien monde; plus que nul autre peuple il a méprisé le droit : l’énergie de sa volonté servie par la puissance systématique de son intelligence ont fait à celui-ci des blessures qui saignent encore.

Lorsqu'on va au fond des choses, l’on trouve qu’il n'existe que quatre caractères parmi les hommes; le caractère artiste, le caractère moral, le caractère militant, le caractère commercial. Ils se mélangent sans doute en des proportions diverses et se nuancent; cependant .l’un ou l’autre prédomine toujours chez l'individu ou chez le

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