ROM H
peuple. Le Grec esl principalement artiste ; l’Indou et le Juif considèrent les choses plus volontiers sous leur aspect religieux et moral, quoique d’une façon très-difTérente ; les Carthaginois les envisagent en négociants — les Romains en conquérants dressés à la domination. Puisque toute qualité se paie d’un défaut, nous ne demanderons pas aux Romains d’être autre chose que des Romains, mais nous constaterons qu’ils ont comme tels fait à la civilisation plus de mal que de bien : l’histoire nous impose ce jugement.
« Fabricius, grand citoyen et bon général, étant allé au camp de Pyrrhus comme négociateur, le confident du roi d’Épire, Cinéas, le soir à souper vint à parler de la Grèce et de ses philosophes. Il exposa la doctrine d’Épicure, mais avant qu’il eût fini : « Grand Hercule I s’écria Fabricius, puissent Pyrrhus et les Samnites avoir de telles opinions tant qu’ils seront en guerre avec nous *. »
C’était alors le beau temps de la république romaine, qui n’avait point encore le monde àdos. La charrue délaissée quand approche le déclin, contrebalançait encore l’épée, les travaux des champs tempéraient les luttes du forum au-dessus duquel s’élevait le sénat ; tout n’alfl uait pas dans Rome, il y avait un peuple'où plus tard il n’y eut plus qu’une plèbe. La Rome agricole n’est pas une invention, Cinciunatus n’est pas un mythe. « Numa institua les fêtes fomacales, dit Bonstetten â, appelées de la sorte parce que dans ces jours-là chacun faisait rôtir son blé au four. Il institua les fêtes terminales en l’honneur des dieux qui président aux limites des champs. Ces deux fêtes étaient