‹ Considérations sur l'histoireChapitre 140 sur 143 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

pas leur objet. Nous ignorons quels liens rattachent ensemble daus notre vie le corps, objet des lois physiques, et l’âme, objet des lois morales, de même que nous ignorons ceux qui dans la vie universelle rattachent entre elles ces lois elles-mêmes. Mais nous savons d’une part que ces lois existent et que leurs objets respectifs existent, et que ces lois ne sont pas identiques ni leurs objets non plus. L’âme, bieu qu’elle ait besoin du corps pour se manifester, ne vit pas de ce qui soutient et développe le corps, elle ne s’alimente pas de nourriture matérielle; le corps, bien qu’il ait besoin de l’âme pour rester animé, ne se nourrit point de raison, d’amour ni de justice. Les deux ordres parallèles, physique et moral, ont nécessairement un point de convergence puisque l’univers est un, mais dans l’existence humaine et dans le milieu qui l’environne, ils restent distincts : si près qu’ils soient l’un de l’autre, si nécessaires qu’ils soient l’un à l’autre, Tii l'ordre physique île pénètre dans l’ordre moral, ni l’ordre moral ne pénètre dans l’ordre physique. Ils se touchent sans se mêler, agissent et réagissent sans se remplacer.

Le miracle n’a jamais été qu’une idée, taudis que la loi, connue ou non, a toujours été un fait, le fait universel, à la fois divin et humain. La loi morale met en rapport l’âme, objet de la morale, et Dieu, principe de la morale; elle est le vrai lien entre l’âme et Dieu : elle est la religion. Ni homme ni livre d'aucune sorte n’ont d’autorité sur la loi qui fait au contraire la seule autorité des hommes et des livres, des paroles et des œuvres. Cherchons donc ses vestiges dans la tradition des hommes et des peuples, que ce soit sous le voile du surnaturel et des légendes ou bien à découvert dans la science; rattachons

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CO N S 1U li K AV IONS SUR L HISTOIRE.

le passé de l’humanité à son présent, son présent à son avenir. Apprenons à discerner plus nettement les lois morales, et surtout à les ressentir plus vivement au fond de nos âmes :

... Un Dieu puisant respire en elles,

Un Dieu qui ne doit point vieillir

I (Ædipr-roi, trad. Lacroix.

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