L'OH 1 E NT
la religion dans l'esprit. I.e Chinois est positiviste sans effort, il naît positiviste et n'a pas la peine de le devenir : son positivisme ne lui impose aucun sacrifice, il n’exige aucun contrôle du sentiment et de l’imagination toujours prêts à s’élancer chez d’autres vers l’inconnu. Il n’a pas besoin de souffrir pour manquer de religion. L’empereur Tao-Kouang, avant son avènement au trône, adressa au peuple une proclamation dans laquelle il passait en revue toutes les religions connues de l’empire, y compris le christianisme : il finit par conclure que toutes étaient fausses, etque l’on ferait bien de les mépriser toutes indistinctement. « Il est d'usage qu’on se demande à quelle sublime religion on appartient. L’un se dit confucéen, l'autre bouddhiste, un troisième disciple de Lao-tze, un quatrième sectateur de Mahomet. Chacun fait l’éloge de la religion dont il n'est pas, la politesse le veut ainsi, et puis tout le monde finit par répéter en chœur : Poutoun-Kiao, toun-ly, c’est-à-dire, les religions sont diverses, la raison est une , nous sommes tous frères ' . » — Voilà qui est désespérant! Le catholicisme importé échoue, l’opium envahit la Chine.
Malheureusement le Chinois, qui n’a pas inventé le catholicisme et qui s’y montre indifférent, a découvert l’inquisition qu’il emploie, faute de religion, dans le mécanisme de la justice laïque. Il lui faut un aveu; il l'extorque donc à la douleur. Condamner les gens sans preuve est injuste.
« Cinq baguettes de bois, longues de 20 centimètres, sont intercalées entre les doigts de chaque main et de