‹ Considérations sur l'histoireChapitre 29 sur 143 · L'OR 1 EXT · texte numérisé non relu

L'OR 1 EXT

gnaient aux premières. Et l’œuvre était ainsi reprise, augmentée, agrandie tant que celui qui devait habiter ce palais de la mort restait dans son palais de la vie. Quand enfin l’heure sonnait, le cadavre royal, après un embaumement de dix-sept jours, était déposé dans le sarcophage i.

« Aux festins qui se font chez les riches, on porte après

le repas autour de la salle un cercueil avec une figure en

bois, si bien travaillée et si bien peinte qu'elle représente

parfaitement un mort. On la montre à tous les convives

tour à tour en leur disant: « Jetez les veux sur cet homme,

vous lui ressemblerez après votre mort; buvez donc

maintenant et vous divertissez2. » Dans la vallée du Rhône,

une inscription parle en ces termes aux vivants de la

part des morts : « Nous étions ce que vous êtes, vous serez

ce que nous sommes. » Une autre inscription, latine,

trouvée près de Coppet, s’exprime ainsi : « J’ai vécu

comme tu vis, tu mourras comme je suis mort; ainsi la

vie s’écoule; voyageur, va à tes affaires. » Les peuples

envisagent la fin de la vie avec plus ou moins de sérieux

et de fixité, suivant leur tempérament, leur croyance et

la nuance de leur esprit. L’Égvpte a vécu en regard de la

mort, mais elle ne s’y est pas abîmée comme le moyen

Age. L’idée de la mort la domine sans l’engloutir et

ne lui désapprend pas la vie, son memento mori n’est

point monacal. Il met dans son allure quelque chose de

grave, il ne l’énerve ni ne l’attriste. L’Egyptien n’a rien dans son caractère qui rappelle la mélancolie de l’Indou ni son ascétisme : c’est un peuple actif, laborieux,

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