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PÉRIODE VÉDIQUE

Génie panthéiste. — Les liymmes — Sentiment religieux et dialectique. — Les dieux : Agni, Varuna, Urjani, Vishnu, les Maruls. — Indra. — L’âme et le corps. — Les dieux invisibles. — Sacrifiée du cheval.

L'Égypte est moraliste, la Perse est dualiste : l’Inde est panthéiste.

L’Inde panthéiste est le cœur de l’Orient. Les trois périodes de son histoire, la période védique, brahmanique, bouddhique, correspondent aux trois phases de sa conscience religieuse, dont le développement est celui d’une idée q ui s’accen tue dan s u ne progression croissan te, j usqu’à ce que, parvenue à son extrême limite et ne pouvant aller plus loin, elle se retourne contre elle-même et s’anéantisse dans sa propre négation. Je ne sache pas qu’aucune évolution delà pensée spéculative se soit accomplie nulle part avec une telle rigueur logique, excepté celle de la métaphysique allemande moderne. Mais le cycle qui va de Hegel à Feuerbach, parcouru en moins de vingt années, n’entraîne que des philosophes et des savants, il n’exerce sur la société que des influences obliques; ici, nous avons affaire à tout un peuple de métaphysiciens :

L’ORIENT

il respire dans la métaphysique, il en vit, il en meurt. La marche qu'il suit du pays des sept fleuves à la fertile vallée de l’Indus, de l’Indus aux rives du Gange, et des rives du Gange à son embouchure, offrent sans doute un grand intérêt; la marche de sa pensée qui des Védas, source de ses premières conceptions religieuses, descend vers le brahmanisme sacerdotal, du brahmanisme sacerdotal glisse dans le bouddhisme pour se noyer finalement dans la mer du Nirvâna, est plus intéressante encore parce qu’elle renferme son histoire essentielle — celle de son âme et de son esprit.

L’époque védique est l’âge de l’hymne et du patriarcat; elle nous montre les tribus vivant encore dans la simplicité des mœurs pastorales, sur le versant des montagnes et dans les hautes vallées, sous des chefs domestiques. L’époque brahmanique, qui correspond à l’installation des Aryas au bord du Gange après la défaite des anciens habitants, est celle de l’épopée et du sacerdoce : devenus rois les chefs guerriers ont fait alliance avec les sacrificateurs devenus prêtres, la théocratie a pris corps et s’est fixée. I/époque bouddhique est celle de l’ascétisme désespéré qui dissout le monde entier dans la pensée du néant des choses et dans la volonté de s’en aftrauchir par la destruction du désir qui l’engendre. Les hymnes du Véda portent le cachet d’une très-haute antiquité; cependant les poètes religieux dont ils renferment les élans, et les idées aussi profondes que naïves, nous laissent entrevoir une période antérieure plus reculée durant laquelle toutes les peuplades aryennes, obscurs rudiments de notre civilisation, étaient encore mêlées. « Les anciens Aryas devaient occuper une assez vaste région i. ' t3

dont la Bactriane formait le centre, sans qu’il soit possible d’en déterminer les limites d'une manière précise. C’est là que, divisés sans doute en tribus plus ou moins indépendantes, distinctes déjà jusqu'à un certain point par le genre de vie et les modifications de leur langue primitive, mais liées entre elles par le souvenir d’une commune origine, ils préludaient aux migrations qui les ont dispersés au loin. Il faut bien admettre dès lorsqu’ils avaient derrière eux un passé déjà considérable, des siècles sans doute de développement graduel, à partir du moment où ils ne formaient encore que le premier noyau de leur race 1 . »

Les. Védas portent eux-mêmes témoignage de ce passé reculé :

« Les ancêtres, disent-ils, ont façonné les formes des dieux, comme l'ouvrier façonne le fer.

« ...Nos ancêtres, enfants de Manu, sont aussi venus s’asseoir autour d’un semblable foyer.

« Ils ont révélé la lumière du jour, et, par leurs prières, organisé le sacrifice.

« Ils ont inventé les premières formules d’adoration. Us ont imaginé les vingt et une mesures qui plaisent à la vache mère du sacrifice. C’est en entendant ces accents qne s'est levé le troupeau ; c’est alors que l'aurore s’est montrée avec la glorieuse splendeur du voyageur.

« Les sombres ténèbres sont anéanties; le ciel se couvre de clartés; les feux de la divine aurore sont venus. Le soleil s’est revêtu de larges rayons, et voit, au milieu des mortels, tout ce qui est droit, tout ce qui est tortueux.

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